« L'ère Wal-Mart approche de sa fin. » La chaîne de magasins, née en 1962, a pendant de longues années modelé les comportements sociaux et économiques de l'Amérique. Mais
le « Wall Street Journal » s'interroge sur la perte d'influence du numéro un mondial de la grande distribution. Car, face à la volonté de Wal-Mart de casser les prix, ses concurrents
d'aujourd'hui parient, eux, sur la qualité. Depuis peu, les grands noms de marque qui avaient contribué à la renommée de Wal-Mart concluent des accords exclusifs de distribution avec d'autres
magasins, ou tendent à réduire leur dépendance à son égard. Ainsi Procter & Gamble tire-t-il actuellement 15 % de son chiffre d'affaires de Wal-Mart, contre 18 % en 2003. La marque a, en
outre, connu des échecs à l'étranger, comme en Allemagne ou en Corée du Sud. Le quotidien américain rappelle cependant que le chiffre d'affaires de Wal-Mart reste trois fois supérieur à celui de
Carrefour, numéro deux mondial. « Mais la recherche du gigantisme, poursuit le journal, est aujourd'hui une faiblesse. » Cette formule, qui a fait le succès de Wal-Mart, affaiblit
aujourd'hui sa capacité à s'adapter alors que la clientèle exige de plus en plus de choix, de modernité et de produits personnalisés. Le quotidien cite plusieurs cas de géants de l'industrie
américaine comme GM, Toyota, IBM, Intel ou encore Microsoft et Google, qui « tout en restant au sommet », ont perdu leur capacité « à définir les contours de leur secteur ».
Pour le journal, la perte d'influence de Wal-Mart est enfin « le reflet d'un monde plus fragmenté ». La liste de 142.000 articles différents vendus par Wal-Mart, qui fut pendant
longtemps considérée comme « incroyable », fait aujourd'hui pâle figure comparée aux millions de produits disponibles via Internet. L'érosion de l'influence de Wal-Mart se fait aussi
sentir en amont. Ainsi PepsiCo a-t-il décidé de lancer sa dernière boisson, « Fuelosophy », chez un concurrent, Whole Foods. La fin d'une époque !