Le succès des chèques cadeaux et des cartes prépayées

Publié le par Stéphane Jeanneteau

110_f_451262_zpc0wp78ibt3i1byhdwxlzvxk3l9xk.jpgAux oubliettes, les gadgets. Pour Noël, les Français veulent de l'utile, du sonnant, du trébuchant, bref de l'argent. C'est l'une des conclusions de l'étude que vient de publier le cabinet Deloitte sur nos intentions de dépenses pour ces fêtes de fin d'année. Dans un contexte de pouvoir d'achat en baisse, les cartes "cadeaux" - qui permettent de dépenser librement une somme offerte par un proche - affichent un succès croissant.
 
Les emplettes de Noël commencent à peine que, déjà, les Français jonglent avec leur budget. S'ils prévoient de consacrer aux fêtes de fin d'année 556 euros en moyenne, comme en 2006, cette somme ne sera pas utilisée de la même manière.
 
D'après les experts de Deloitte, bon nombre de consommateurs vont rogner sur les cadeaux (en y consacrant en moyenne 312 euros) pour préserver le budget (162 euros en moyenne) consacré à une belle et savoureuse table de fêtes. Les Français se prennent, aussi, à rêver d'argent. Plus d'un tiers des personnes interrogées par Deloitte en font leur premier souhait de cadeau à Noël. C'est nouveau. Comme pour les chèques cadeaux, qui arrivent en troisième position pour ce qui est des cadeaux espérés, juste après les vêtements.
 
Cette année, les cartes cadeaux prépayées - qui sont la version modernisée du chèque cadeau - devraient donc être à la mode. S'il n'existe pas de statistiques officielles sur le nombre de cartes en circulation, quatre millions de cartes seront, par exemple, émises par Kadeos au cours des six dernières semaines de l'année. "On espère avoir une progression à deux chiffres du volume par rapport à l'an dernier", confie Sylvie Robin-Romet, PDG de Kadeos.
 
D'après les enquêtes réalisées par les opérateurs, ces cartes servent souvent à améliorer l'ordinaire. "Nous voyons bien que les achats effectués avec la carte cadeau sont plutôt des achats de nécessité", dit Sylvie Robin-Romet. Elles servent aussi bien à acheter des vêtements, des pièces de mobilier que des téléphones. Chez Carrefour, certaines cartes prépayées (de 10 à 50 euros) peuvent être utilisées dans tous les rayons pour acheter de la nourriture autant que des draps ou du vernis à ongles.
 
Lors de la création des cartes cadeaux, il y a dix ans, en France, c'était surtout les grands-parents qui en offraient à leurs petits-enfants, souvent de jeunes adultes. Ils continuent d'y voir une solution pratique et festive puisqu'elle évite la gêne occasionnée par des billets de banque glissés dans une enveloppe remise devant toute la tribu familiale.
 
Le concept se généralise. De nombreux adultes réclament à leur tour des cartes ou chèques cadeaux. La raison ? Près de 33 % des Français avouent être déçus par ce qu'ils reçoivent à Noël. Et, pour une majorité, la chasse au cadeau est vécue comme un parcours du combattant. "On ne peut plus, aujourd'hui, se permettre d'offrir un cadeau qui ne plaît pas, qui est à côté de la plaque ou qui est en double", remarque Sylvie Robin-Romet. Les moyens ont changé, seule reste l'envie de faire plaisir.
 
Ces cartes, qui étaient en moyenne chargées de 50 euros pour les Kadeos en 2006, devraient être créditées de "55 à 60 euros cette année", prévoit la société. La carte Visa Cadeau pourra, elle, être créditée de 20 à 799 euros.
 
Ces deux formats multi-enseignes sont parmi les plus faciles à utiliser. La carte Kadeos peut par exemple être utilisée dans tous les magasins du groupe PPR (La Redoute, Conforama, Fnac...), ainsi que dans les hôtels-restaurants Relais & Châteaux, notamment.
 
La carte Visa Cadeau est, elle, acceptée par tous les commerçants équipés d'un appareil à cartes bancaires. Leur prix varie selon l'enseigne qui la propose (12 euros à la Banque postale pour une Visa Cadeau, par exemple). Les cartes mono-enseignes (Zara, Habitat, Auchan, Décathlon...) sont plus restrictives. Elles ne sont utilisables que dans les magasins de l'enseigne.
 
Reste que ces cartes sont assimilées à des espèces. Elles ne peuvent donc, c'est la loi, servir à payer des achats supérieurs à 3 000 euros.

Source :  Le monde

 

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