Leclerc : Un comparateur coûte que coûte

Publié le par Stéphane Jeanneteau

Leclerc : Un comparateur coûte que coûte
 
Michel-Edouard Leclerc a dû fermer le site quiestlemoinscher.com, considéré en référé comme une "publicité comparative illicite", mais il ne compte pas s'arrêter là. Il présente sa stratégie à LEXPRESS.fr
 
 
Vous avez fait appel de la décision en référé du tribunal de commerce de Paris, qui, saisi par Carrefour, a interdit le site quiestlemoinscher.com considéré comme une "publicité comparative illicite". Sur quelle base ?
Nous faisons référence à la législation européenne. La Cour de justice demande depuis plusieurs années à la France de libérer cette forme d'expression. Le juge s'est contenté de reprendre les arguments de Carrefour. Si on ne met pas en ligne la liste des produits relevés par notre panéliste indépendant, c'est parce qu'il s'agit d'un relevé périodique. On ne donne pas cette liste, pas plus que l'UFC-Que choisir ne le fait quand il compare les prix. Mais nos informations, quoique non publiées, sont vérifiables, comme l'exige la loi: il suffit pour les consulter d'en faire la demande au tribunal de Nanterre, comme l'a fait un Intermarché. Carrefour a dit: Leclerc se donne le beau rôle... Pourtant, la législation européenne est claire: "le choix du nombre de comparaisons auxquelles l'annonceur souhaite procéder entre les produits qu'il offre et ceux qu'offrent ses concurrents relève de l'exercice de sa liberté économique". Il ne peut donc pas nous être reproché de ne pas comparer tel ou tel produit, ou de ne pas intégrer les harddiscounters. Enfin, on avance que la publicité est illicite car Leclerc étalonne ses propres performances. Mais nous faisons appel à un panéliste indépendant bien connu, Panel International, une filiale de VNU à laquelle nos concurrents font aussi appel pour relever les prix. Et puis, qu'est-ce qu'un comparateur neutre ? Kelkoo est-il neutre ?
 
Le site quiestlemoinscher.com, présenté comme un comparateur, était frustrant... On ne savait pas qui comparaît, ni ce qui était comparé: c'était Leclerc qui disait "on est le moins cher" et l'internaute était prié de le croire...
Il nous est interdit de publier la liste des prix de nos concurrents -par contrat, c'est le panéliste qui a la propriété de ces informations. Dans un premier temps, nous nous sommes donc contentés de comparer globalement les prix d'une enseigne à l'autre, sur la base de 3500 produits en moyenne (moins pour les plus petites surfaces). A mettre en parallèle avec les 120 références de l'UFC-Que choisir ou les 90 que Thierry Breton publie sur le site de Bercy. C'est une première en France ! Nous sommes en outre soumis à des contraintes liées à la publicité comparative autrement plus fortes que celles qui s'appliquent à l'UFC-Que choisir. On nous a reproché de ne pas publier notre méthodologie, alors que nous la détaillons sur notre site. En revanche, celle de l'UFC-Que choisir n'est pas accessible. Notre enquête est en outre trimestrielle, alors que celle de l'UFC-Que choisir n'est qu'annuelle...
 
Quelles suites envisagez-vous ?
J'ai toujours dit qu'il s'agissait d'une démarche durable. Contre la tentative de bâillonnement, nous allons demander à juger l'affaire sur le fond. C'est une partie de poker menteur de la part de nos concurrents. Puis, nous lancerons une nouvelle version du site. Nous allons changer notre fusil d'épaule, pour être moins "frustrant". Vous verrez cela prochainement...
 
L'UFC-Que choisir vous a classé cinquième au palmarès des enseignes les moins chères dans un dossier publié en février 2006. Votre combat serait-il une réaction d'orgueil?
Je critique depuis longtemps le manque de professionnalisme de l'UFC-Que choisir, tout en admettant évidemment leur légitimité. J'ai milité à l'UFC dès le début, je sais de quoi je parle. Il n'y a que 120 articles comparés. Le temps d'une promo, n'importe qui peut se retrouver premier. Avec la loi Dutreil, qui a succédé à la loi Galland, on peut désormais baisser à nouveau les prix, et ce sera encore plus vrai à partir de janvier 2007. Nous voulons montrer qu'on peut se différencier par le prix, et nous voulons des repères pour que les clients s'en rendent compte, quelque chose d'exhaustif et de représentatif. Cela exige beaucoup de moyens. Chaque enseigne dépense chaque année 1 à 1,2 million d'euros pour repérer les prix. Aucun organisme de consommateurs n'a aujourd'hui ces moyens, pas même l'INC. C'est pourquoi nous le faisons. Le jour où l'UFC-Que choisir s'en chargera, je n'aurai plus de raison de le faire.
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Publié dans Les news

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