Grande distribution : la guerre des prix est relancée
Grande distribution : la guerre des prix est relancée Les études sont formelles : quand un Français se rend dans un hypermarché, il y reste environ quarante minutes. Bien sûr, ce n’est qu’une moyenne. Prenez un employé du Leclerc de Plérin (près de Saint-Brieuc, en Bretagne), et imaginez qu’il s’aventure, badgé aux couleurs de son enseigne, chez son concurrent le plus proche, le Carrefour (CA) de Langueux. Son temps en magasin tournera plutôt autour de… quarante secondes. «Nous sommes systématiquement raccompagnés vers la sortie, sourit-on à la direction du Leclerc breton. Et manu militari!» L’accueil ne serait, au reste, pas plus chaleureux si notre vaillant employé se rendait à l’Intermarché de Pordic: «Ces fous furieux de Plérin font de la surenchère sur toutes nos promos, y tempête un chef de secteur. Alors, moins ils mettent le nez dans mes rayons, mieux je me porte…» Ambiance. Depuis quelques mois, il flotte comme un air de castagne au royaume de la tête de gondole. De Saint-Brieuc à Marseille, en passant par Toulouse, Besançon ou Nantes… «Partout, l’atmosphère entre concurrents s’est nettement tendue», rapporte un chef de rayon Hyper U en région parisienne. C’est que, depuis le début de l’année, la guerre des étiquettes fait à nouveau rage dans les allées climatisées des grandes surfaces. L’étude réalisée par la revue spécialisée «Linéaires», dont nous publions les résultats en exclusivité, le démontre: au premier semestre 2006, par rapport au deuxième semestre 2005, le panier type, constitué de 102 produits (dont 94 de grandes marques), est en baisse dans cinq enseignes de la grande distribution (voir ci-contre). Oh, rien d’énorme! Si l’on excepte les centres Leclerc, qui ont raboté leurs prix de 2,8% pendant la période, les sabreurs d’étiquettes ont plutôt fait dans l’homéopathie: – 0,9% chez Intermarché, – 0,6% chez Carrefour (CA), – 0,1% chez Auchan.