Metro s’est lancé dans un shopping planétaire

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La grande distribution: l'actualité

 

Metro s’est lancé dans un shopping planétaire
par Anna Rousseau
 

Dès qu’un distributeur vend une affaire, l’allemand est preneur. Et là où il n’y a rien à acheter, il s’implante.

C’est l’heure des courses. Après des années de forte expansion à l’international, la grande distribution a entrepris de nettoyer son portefeuille d’actifs, et il y a des « affaires » à faire dans ce grand Monopoly planétaire. Aussi l’allemand Metro, troisième distributeur mondial (55,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2005), se promène-t-il dans le monde entier pour remplir son chariot.

A contre-courant

L’américain Wal-Mart, numéro un du secteur, vend tous ses magasins en Allemagne en juillet ? Metro rachète. Le français Casino renonce à ses hypermarchés en Pologne en août ? Metro rachète. Et là où il n’y a (encore) rien à se mettre sous la dent, il multiplie les ouvertures de magasins, comme en Russie, où il en ouvrira treize cette année et où il prévoit une progression de 60 % de ses ventes, à 2,4 milliards d’euros.

Metro, connu en France pour son activité de grossiste avec Metro Cash & Carry et son enseigne de produits électroniques, Planète Saturn, est une exception dans un secteur en crise, touché par la concurrence agressive du hard discount et par le désamour des consommateurs pour le concept d’hyper­marché. Tous les distributeurs ­mondiaux passent en revue et rationalisent leurs actifs : Wal-Mart s’est retiré de Corée du Sud et d’Allemagne cette année, Carrefour a quitté la République tchèque, la Slovaquie, le Japon et le Mexique l’an dernier, Casino a           annoncé la cession d’activités non stratégiques pour 2 milliards d’euros d’ici à 2007. Quant à Ahold, il penserait à vendre ses magasins aux Etats-Unis…

Installation par étapes

Metro, lui, continue à se développer à l’international. Il a même décidé d’accélérer le mouvement, dans les pays à forte croissance, où la concur­rence n’est pas encore trop présente, en Asie et en Europe centrale. Il s’est installé en Slovaquie (2000), en Russie et en Croatie (2001), au Vietnam et au Japon (2002), en Ukraine et en Inde (2003), en Moldavie (2004) et en Serbie (2005). Il fait 56 % de son chiffre d’affaires hors de ses frontières. Et ça n’est pas près de s’arrêter, selon Hans-Joachim Körber, PDG du groupe, qui a annoncé en juin des bénéfices en hausse de 80 % au deuxième trimestre.

Sa stratégie : implanter d’abord ses magasins de gros et de semi-gros, secteur dans lequel l’allemand est leader mondial et qui ne nécessite pas de lourds investissements : les magasins, destinés aux professionnels, sont en périphérie des villes et sans fioritures.

Une fois les circuits d’approvisionnement bien rodés, Metro lance ses hypermarchés Real et ses supermarchés Extra, puis embraie avec ses magasins Saturn, parfois appelés Media Market. « Nous nous implantons dans des pays à fort développement, et             privilégions plutôt la croissance interne. Mais des rachats ne sont pas exclus, quand ils nous permettent une croissance continue », explique l’entreprise.

Rattrapage vital

La stratégie est audacieuse, et surtout… indispensable pour la survie du groupe. Car, si Metro Cash & Carry et Media Markt se développent vigoureusement à l’étranger, ce n’est pas le cas des autres enseignes du distributeur. Leader en Allemagne, son pays d’origine, Metro y est pourtant à la peine depuis longtemps. Ses hypermarchés Real entrent en convalescence après une très grave crise : en 2005, par suite d’un scandale de viande périmée, les ventes ont chuté de 7,5 %, plongeant les comptes du groupe dans le rouge. Au deuxième trimestre, après restructuration, repositionnement et grâce à… la Coupe du monde de football, Real était en croissance de 2 %. Faible. Mais un succès dans un pays où le hard discount est particulièrement présent avec plus d’un tiers du commerce. Metro a le vent en poupe et fonce.

Le troisième distributeur mondial

55,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2005 (en hausse de 4,2 %).

649 millions d’euros de bénéfice net (en baisse de 30 %).

205 000 employés.

Présent dans 30 pays avec Metro Cash & Carry (grossiste)Real (hypers)Extra (supermarchés)Media Markt et Saturn (électronique loisirs et électroménager)Galeria Kaufhof (grands magasins).

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Publié dans Les news

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