Delhaize pourrait dicter ses conditions au n° 5 mondial

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La grande distribution:  L'actualité

 

Delhaize pourrait dicter ses conditions au n° 5 mondial

 
28 septembre 2006
 
Belga©

Selon certaines rumeurs, le néerlandais Ahold, n° 5 mondial de la distribution, et Delhaize (n° 29) pourraient se rapprocher. Malgré le rapport de forces en faveur du Néerlandais, le Belge semble avoir les cartes en main pour dicter les termes du contrat de mariage.

 

Après avoir fait état, la semaine dernière, d'un éventuel mariage entre Delhaize et Ahold, le quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad a précisé ce lundi les contours que pourrait prendre le futur ensemble. Face au «no comment» de circonstance des intéressés, quatre scénarios sont envisageables.

 

Scénario n° 1 : Delhaize fusionne avec Ahold

 

«En Europe et aux Etats-Unis, les complémentarités des deux groupes sont réelles», observe Gino Van Ossel, professeur spécialisé en distribution à la Vlerick Management School. Sur le Vieux Continent, Delhaize et Albert Heijn, fleuron d'Ahold aux Pays-Bas, ont un profil identique, ce qui leur conférerait une puissance d'achat importante.

 

Aux Etats-Unis, où ils réalisent près de trois quarts de leur chiffre d'affaires, les synergies sont plutôt géographiques : avec 1.537 magasins, Delhaize est présent sur la côte est, surtout dans le centre et le sud, alors qu'avec 838 points de vente, Ahold est uniquement actif dans le nord-est du pays. Si quelques doublons existent - ce qui pourrait faire frémir les autorités de la concurrence - un rapprochement permettrait aux deux groupes de contrer le mouvement de concentration qui frappe la grande distribution américaine.

 

«Quelles que soient les modalités d'une fusion, le management de Delhaize devrait prendre la direction du nouvel ensemble, car le Belge a beaucoup moins besoin d'Ahold que le contraire, résume Gino Van Ossel. Le premier est en pleine forme, alors que le second, bien que beaucoup plus grand, traverse des difficultés.»

 

Ce scénario est avancé par Het Financieele Dagblad. A l'en croire, le nouvel ensemble prendrait la forme d'une holding basée à Bruxelles et présidée par Delhaize. Cette holding serait divisée en deux pôles : un américain piloté par le Belge et un européen dirigé par le Néerlandais, lequel obtiendrait également la direction financière de l'ensemble.

 

Scénario n° 2 : Delhaize rachète en partie Ahold

 

Pour créer de la valeur, deux des actionnaires d'Ahold, les fonds Paulson & Co et Centaurus Capital (qui détiennent 6,4 % des parts), refusent une fusion par échange d'actions. Ils plaident pour la scission et l'abandon des activités américaines au profit d'un repli sur l'Europe. Delhaize pourrait reprendre ces activités et consolider sa présence aux Etats-Unis.

Une autre hypothèse avancée par le quotidien néerlandais est d'introduire en Bourse l'activité de grossiste d'Ahold, US Foodservice, qui n'intéresse pas Delhaize, pour payer les deux fonds.

 

Scénario n° 3 : Delhaize rachète Ahold

 

«Delhaize est en quête d'acquisitions à l'étranger car il n'y plus rien à acheter en Belgique», souligne Marc Vandercammen, professeur de marketing spécialisé en distribution. Or, sa cible, ce sont plutôt les chaînes de taille moyenne, pas des mastodontes comme Ahold. «Delhaize n'a tout simplement pas les moyens de s'offrir Ahold», confirme Kurt De Baenst, analyste chez Fortis. Son chiffre d'affaires est trois fois moins élevé (€ 18,6 milliards contre € 44,5 milliards) et sa capitalisation boursière moitié moindre. «Après avoir digéré le rachat d'Hannaford aux Etats-Unis, je vois mal Delhaize se lancer dans une telle opération : big is not necessary beautiful», ajoute Pascale Weber, analyste chez KBC Securities.

 

Scénario n° 4 : Ahold s'empare de Delhaize

 

Ahold est certes trois fois plus gros que Delhaize, mais sa santé financière est nettement moins brillante. En 2005, son résultat d'exploitation (€ 248 millions) était quatre fois moins élevé que celui du lion, et son résultat net (€ 133 millions) près de trois fois inférieur. De plus, le groupe est sous pression. Depuis 2003, il est empêtré dans un scandale comptable. Il connaît aussi des problèmes de rentabilité aux Etats-Unis. D'où le souci des deux fonds précités de le démanteler. Bref, ce dernier scénario paraît tout aussi improbable que le précédent.

 
Jean-François Sacré

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Publié dans Les news

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