Offshore : la Chine menace-t-elle l'Inde ?

Publié le par Stéphane Jeanneteau

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Offshore : la Chine menace-t-elle l'Inde ?

 

Les investisseurs délaissent Bangalore, touchée par le turn-over de ses informaticiens, au profit d'autres villes indiennes et du voisin chinois.

 

Alain Clapaud , 01 Réseaux, le 13/10/2006 à 07h00

 

Alors qu'Apple avait, voici quelques mois, créé à Bangalore un centre d'assistance technique qui devait employer jusqu'à trois mille personnes d'ici à 2007, la firme a décidé de mettre fin à son projet offshore. Apple se contentera d'une présence commerciale de quelques personnes dans la capitale informatique indienne. D'une phrase laconique, les dirigeants d'Apple ont motivé leur décision : « L'Inde n'est plus aussi bon marché qu'elle l'a été. »

 
Un gigantesque vivier de main-d'oeuvre
 

Des critiques commencent à se répandre quant au coût croissant de la main-d'oeuvre dans le sous-continent : McKinsey Global Institute a estimé à 13 % par an les augmentations obtenues par les salaires les plus bas du secteur informatique entre 2000 et 2004. En 2004, un chef de projet indien était payé en moyenne 31 131 dollars par an, contre 13 585 dollars en 2000. Un développeur indien débutait en 2004 avec 6 628 dollars par an.

 

De fait, pour contrer ces hausses de salaires qui résultent du très fort turn-over qui sévit dans la région de Bangalore, les entreprises indiennes et occidentales commencent à se tourner vers d'autres cieux. EDS édifie ses nouveaux centres en Chine. IBM, Accenture et Capgemini emploient plusieurs milliers de personnes, et même les grands outsourceurs indiens tels que Wipro Technologies, Infosys Technologies et TCS n'hésitent plus, eux aussi, à s'installer là-bas.

 

Formant trois millions d'ingénieurs par an, dont huit cent mille informaticiens, c'est, il est vrai, le plus fantastique vivier de main-d'oeuvre de la planète. Jean-Yves Grisi, PDG de KPIT Infosystems France, reconnaît : « Aujourd'hui, mettre en place une entité captive en Inde, c'est compliqué. Il est désormais préférable de se tourner vers un tiers si on veut se lancer dans l'offshore en Inde. »

 

Le fondateur de Pivolis, société pivot rachetée par la SSII indienne, tempère toutefois les critiques lancées contre l'Inde : « Il faut isoler le cas de Bangalore. C'est une ville dont le développement est explosif. Les infrastructures ne suivent pas et le turn-over y est difficile à contrôler. Il est préférable de se tourner vers des villes telles que Pune, Delhi, Madras, Calcutta ou Hyderabad. »

 

L'Inde garde un potentiel colossal et reste très largement le premier exportateur mondial de services informatiques. Sur un marché estimé par IDC à 11,9 milliards de dollars en 2005, l'Inde en représentait à elle seule près de 9 milliards, suivie par l'Europe de l'Est avec... 800 millions de dollars. La Chine, pour sa part, se classe encore derrière un pays comme les Philippines et n'exporte que pour 400 millions de dollars de services informatiques. Il n'est pas du tout certain que l'empire du Milieu ne ravisse à l'Inde ce rôle de SSII de la planète.

 
Et dans dix ans... ?
 

Pour Cyril Drouin, directeur associé de Bysoft, implanté en France et en Chine, « le marché intérieur chinois est extrêmement demandeur, et il est tout à fait possible que, dans dix ans, ce pays ne soit plus intéressant pour l'offshore et soit devenu plus cher que l'Inde ».

 

Bysoft espère doubler son chiffre d'affaires cette année, tout comme ce fut le cas en 2005. La société mène une vingtaine de projets offshore pour le compte d'éditeurs de logiciels et de start-up françaises.

Le Syntec relativise son impact en France

 

L'offshore ne représente en France qu'une faible part du chiffre d'affaires généré par les services informatiques, comme le démontrent les chiffres publiés par Syntec informatique. En 2005, il n'a représenté que 430 millions d'euros, à comparer aux 24 milliards dépensés en France. Ce ratio, inférieur à 2 %, devrait passer à 5 % d'ici à 2009. Syntec informatique estime le plafond théorique des tâches pouvant être confiées en offshore à 15 %, le ratio atteint aux Etats-Unis étant de l'ordre de 10 %. En données brutes, l'offshore représentera alors 1,57 milliard d'euros, soit une progression de 230 % entre 2005 et 2009.


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Publié dans Domaines IT

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