Renaud Dutreil : « Internet pousse à l'ouverture des magasins le dimanche »

Renaud Dutreil : « Internet pousse à l'ouverture des magasins le dimanche »
Propos recueillis par MATHILDE VISSEYRIAS. Lefigaro.fr
Le ministre des PME et du Commerce souhaite qu'un plus grand nombre de boutiques puissent travailler le dimanche dans les zones touristiques.
LE FIGARO. - Les ventes en ligne ont encore explosé en 2006. Ce commerce se fait-il au détriment du commerce traditionnel ?
Renaud DUTREIL. - Il s'agit plus d'un surcroît de consommation que d'un phénomène de substitution. Les Français consomment plus. Leur taux d'épargne a tendance à diminuer. En proposant une offre nouvelle, Internet a créé une nouvelle demande. 2006 a été l'année de la banalisation du commerce sur Internet. Son démarrage a été lent, mais une fois lancé, sa croissance est forte. En 2008, le chiffre d'affaires de l'e-commerce devrait dépasser 20 milliards d'euros. De plus en plus de gens font leurs courses le dimanche.
L'essor d'Internet ne pousse-t-il pas à autoriser l'ouverture dominicale des magasins ?
Le commerce, c'est tout sauf le conservatisme. Ceux qui défendent une position d'immobilisme se trompent. Internet pousse à l'ouverture des magasins le dimanche. Mais il faut évoluer sans compromettre les grands équilibres, c'est-à-dire en défendant le commerce de centre-ville et en offrant des contreparties aux salariés.
Il faut commencer par mettre fin à quelques aberrations dans les zones touristiques. Actuellement, sur les Champs-Élysées par exemple, Lacoste n'est pas autorisé à ouvrir le dimanche alors que Quiksilver et Nike le sont. Toujours à Paris, rue des Francs-Bourgeois, la boutique Anne Fontaine est fermée le dimanche par décision préfectorale. En revanche, ses magasins de Trouville et Deauville sont ouverts.
Faut-il attendre la présidentielle pour changer la loi ?
J'ai proposé au premier ministre d'agir en deux temps. Tout d'abord, en modifiant le décret de 1994 qui régit l'ouverture des magasins en zones touristiques. Les contours du décret méritent en effet d'être précisés. Je souhaite ajouter clairement l'équipement de la personne aux dérogations possibles. C'est une décision qui peut aller très vite car il n'est pas nécessaire de passer par la loi. La deuxième phase dépendra des recommandations que fera le Conseil économique et social sur le travail dominical à la fin février.