France - Grande distribution : la loi au service des plus forts Retour sommaire

France - Grande distribution : la loi au service des plus forts
Selon une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (Ceprema), le durcissement du régime d’autorisation des grandes surfaces découlant de la loi Raffarin n’a pas eu les effets escomptés. Destinée à contrecarrer l’offensive des hard discounters allemands (Aldi, Lidl), la loi a également freiné les créations et les extensions de surfaces classiques. Seuls 13 hypermarchés ont été créés ex nihilo dans la seconde moitié des années 90. De fait, la croissance annuelle du nombre de mètres carrés de grandes surfaces alimentaires est tombée en dessous de 1 % en 1998 et 1999. Malgré une clarification du droit par le Conseil d’Etat et de multiples stratégies de contournement de la loi, les groupes français en place ont conforté leurs positions monopolistiques. Le taux de marge du grand commerce alimentaire s’est ainsi envolé de 12 points entre 1996 et 2002. Les ménages les moins aisés ont ainsi subi à la fois une offre limitée en l’absence de magasins discount et une «sur-inflation des prix des produits alimentaires de l’ordre de 7 %. Cette politique a participé pour 1 % à la hausse de l’indice de prix de référence, soit plus de 10 milliards d’euros sur le budget des ménages. La loi Raffarin a également pesé sur l’emploi et les conditions de travail. Au total, 50.000 emplois nets auraient été perdus en une décennies.