Les NMPP veulent redynamiser la distribution de la presse

Les NMPP veulent redynamiser la distribution de la presse
"Arrêter l'hémorragie", tel est le mot d'ordre lancé, mercredi 7 février, par Rémy Pflimlin, directeur général des NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne). Alors que l'on comptait 36 000 points de ventes en 1980, ils ne sont plus aujourd'hui que 28 000. "L'objectif est d'inverser la tendance. Il faut redevenir positif en 2007 et atteindre 33 000 points de vente en 2010", a indiqué M. Pflimlin. Il y a urgence en raison de la baisse des ventes de journaux, quotidiens et magazines, de 15 % en volume depuis 2000 (4 % sur la seule année 2006).
Les NMPP prévoient donc de créer 5 000 points de vente d'ici à 2010 et d'ouvrir, cette année, 150 magasins de presses, 250 implantations dans la grande distribution, dans des magasins spécialisés (Truffaut, Castorama, Décathlon, etc.), ou culturels (Fnac). Les NMPP veulent aussi ouvrir 1 500 points de vente dits de "capillarité", qui ne proposent que 50 à 150 titres, avec une rémunération de 10 %, contre 15 à 18 % en moyenne, ainsi que des points de vente qui ne distribuent que les quotidiens.
Ce sont surtout les pratiques de vente qui vont devoir changer, pour notamment améliorer les conditions de travail des marchands de journaux, soumis à un encombrement croissant de leurs linéaires. Désormais, ce ne seront plus les éditeurs seuls qui choisiront les points de vente de leurs publications, mais les dépositaires qui approvisionnent les kiosques.
Les NMPP vont s'appuyer sur un modèle statistique qui croise la localisation du magasin, sa taille et les modes de consommations des lecteurs. Une réforme d'autant plus justifiée, que les 1 000 titres les plus petits (un tiers de l'ensemble des journaux) sont présents dans moins de 4 000 points de vente. Un test doit démarrer à Reims, en avril, auprès de 200 diffuseurs. Le marchand de journaux pourra amender cette proposition.
Une fois réglée la question de l'assortiment, il faut régler celle de la quantité. Un test a été effectué au dépôt de Charenton où 10 000 exemplaires ont été soustraits à la distribution sans entraîner une baisse des ventes. Mais l'expérience ne s'applique pas aux nouveaux titres, aux opérations de promotion, ni aux quotidiens. Objectif : faire baisser le taux d'invendus, qui atteint environ 40 %.
Autre point clé : la rémunération des points de ventes. "Il faut envoyer un signal fort aux spécialistes de la presse et donner un coup de pouce aux plus fragilisés", a insisté M. Pflimlin.
La moyenne des rémunérations à l'étranger est de 20 %, voire davantage. "C'est là qu'on veut arriver", poursuit-il. La mesure doit s'appliquer cette année sur les 3 000 plus gros points de vente. Elle en coûtera 19,6 millions d'euros aux éditeurs. Ce plan de revalorisation sera financé grâce à des gains de productivité.
Les NMPP, qui perdent de l'argent (3 à 4 millions en 2006) veulent diversifier leurs revenus (distribution de catalogues d'agences de voyage notamment) pour accroître leur volume d'affaires (2,8 milliards prévus en 2006). Elles devront ensuite mener une réforme industrielle, qui devrait entraîner des suppressions d'effectifs. "La question de fond est de savoir comment, dans cet univers en décomposition, on va redéfinir le partenariat entre les différents acteurs", souligne M. Pflimlin.
L'Union nationale des diffuseurs de presse (UNDP) va aborder la question lors de son congrès qui se tient jusqu'à vendredi 9 février. Mais tout reste à régler. Ces réformes sont suspendues à la décision de Lagardère, actionnaire à 49 % et opérateur des NMPP, qui menace depuis plusieurs mois de quitter le navire.
Jean-Jacques Larrochelle et Pascale Santi