Le groupe Casino-Magro sétend à Lausanne et va «attaquer» Genève

Le groupe Casino-Magro s’étend à Lausanne et va «attaquer» Genève
Distribution - L’enseigne française veut ouvrir deux magasins par année.
«Recherche réceptionniste, responsables des rayons épicerie et boucherie, chef de secteur non-food, chauffeurs poids lourds, etc.» Il y a quelques jours, Casino faisait paraître une liste impressionnante d'offres d'emploi dans la presse romande.
L'enseigne, qui recrute tous azimuts, a aujourd'hui presque constitué l'ensemble de son équipe. Soit pas moins de cinquante personnes qui travailleront dans une nouvelle grande surface à Lausanne, située en plein cœur de la ville, au Flon.
Date de l'ouverture: fin avril. Une offensive en terres vaudoises où le distributeur français ne cache pas ses ambitions. Le magasin, sur deux étages, comprend 2500 m2 de surface de vente et un parking.
Dans les étalages, quelque 25 000 références, avec un accent appuyé sur l'alimentaire et les produits frais. «C'est le premier grand magasin Casino conçu entièrement par nos soins», note Mikis Reverse, directeur administratif et financier de Magro SA, le groupe ayant investi entre 4 et 5 millions de francs dans l'aménagement du point de vente.
Le distributeur n'entend pas s'arrêter là. En 2008, Casino s'attaquera à Genève où il n'est jusqu'ici pas présent. «L'emplacement de 2000 m2 est déjà trouvé, ajoute Mikis Reverse. Mais pour l'heure, nous ne pouvons pas en dire plus. La problématique à Genève est aussi un peu différente et il nous faudra tenir compte des achats frontaliers. Mais le potentiel sur l'arc lémanique est certain.» Objectif: deux ouvertures par année, ceci afin d'atteindre une taille critique de 25 magasins en Suisse romande.
C'est donc un coup d'accélérateur que Casino entend désormais mettre sur son déploiement helvétique après la reprise, il y a plus de deux ans, de Magro à Bon Appétit. Pour rappel, c'est un homme d'affaires français, Paul-Louis Chailleux, détenteur de 97,6% du groupe basé à Sion, qui donne les directives stratégiques. Où certaines leçons du passé ont été retenues après une première incursion ratée du géant tricolore de l'alimentaire en Suisse, il y a quelques années.
Ainsi, le groupe a conservé le nom de Magro SA. Et la direction aime à préciser que Casino est indépendant en Suisse de la maison mère de Saint-Etienne. «Nous payons une redevance d'enseigne, précise Mikis Reverse. Ce qui signifie que nous avons une liberté bien plus grande qu'avec une franchise, que ce soit sur l'agencement, l'approvisionnement ou les aspects décisionnels.» Autre point sur lequel Casino insiste: l'enseigne se fournit local, 20% de l'assortiment seulement étant des marques distributeur.
Reste qu'à l'ombre des deux mastodontes Migros et Coop, Casino est réaliste. «Notre part de marché en Suisse est non significative. Cette situation «duopolistique» est incroyable: l'absence de concurrence conduit à réduire le pouvoir d'achat du consommateur. Mais ceux qui veulent plus de choix et un excellent rapport qualité-prix jugeront d'eux-mêmes», conclut
HISTOIRE Les origines de Magro remontent à 1883, au moment où une poignée d'agriculteurs de Sion décident de se regrouper. Dans les années 60, la raison sociale des magasins deviendra Magro SA. En 2000, Bon Appétit reprend la majorité, que le Bernois revendra fin 2004 à Paul-Louis Chailleux.
EMPLOYÉS Environ 500, dont 80 au siège social de Sion.
CHIFFRE D'AFFAIRES Non communiqué. En termes de progression, il était en hausse de près de 1,6% en 2006.
MAGASINS Seize avec celui du Flon, de la petite surface à l'hyper. Présence dans les cantons du Valais, Vaud (deux emplacements), Neuchâtel, Jura et bientôt Genève. (en)