Groupe Arnault et Colony Capital contrôlent 9,8 % du groupe. Luc Vandevelde cède sa place à Robert Halley.

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La grande distribution :  l'actualité

Groupe Arnault et Colony Capital contrôlent 9,8 % du groupe. Luc Vandevelde cède sa place à Robert Halley.

 

LA SURPRISE A ÉTÉ TOTALE. Hier matin, Groupe Arnault et Colony Capital ont annoncé leur irruption dans le capital de Carrefour. Les deux alliés, de concert avec Axon Capital, ont révélé détenir 9,8 % du capital du numéro deux mondial de la distribution. « Il s'agit d'un investissement stratégique et industriel qui s'inscrit dans la durée », ont-ils indiqué. Cette arrivée coïncide avec la démission de Luc Vandevelde de la présidence du conseil de surveillance de Carrefour. Un séisme pour le groupe. Luc Vandevelde a été remplacé par Robert Halley, dont la famille, premier actionnaire de Carrefour, possède 13 % du capital et 20 % des droits de vote. Robert Halley est le frère de Paul-Louis Halley - décédé en décembre 2003 -, fondateur de Promodès qui avait fusionné avec Carrefour en 1999.

 

L'avenir de Luc Vandevelde au sein de Carrefour était compromis depuis plusieurs semaines. Début 2005, les Halley l'avait appelé à la rescousse, lorsque Daniel Bernard avait été débarqué du groupe. Le duo qu'il formait avec José-Luis Duran était censé redonner du tonus à l'action Carrefour qui ne s'était jamais remise de la fusion avec Promodès. Mais la belle entente entre Luc Vandevelde et les Halley a volé en éclats mi-février. Les seconds auraient soupçonné le premier d'envisager des schémas pour Carrefour avec des partenaires financiers. Le départ de Luc Vandevelde, entériné hier, était donc très logique. Parallèlement, la famille et le conseil ont réaffirmé leur soutien unanime à José Luis Duran et à sa stratégie. Enfin, l'ancien président de PSA, Jean-Martin Folz, a été coopté au conseil. Carrefour est depuis longtemps l'objet de rumeurs de rachat par l'un de ses concurrents, tour à tour l'américain Wal-Mart ou le britannique Tesco. L'intérêt manifesté récemment par des fonds d'investissement pour Sainsbury avait renforcé les spéculations. Tandis que les doutes sur l'attachement à sa participation de la famille Halley, dont la troisième génération compte une douzaine de membres, ont redoublé. Pour autant, l'arrivée du holding familial de Bernard Arnault et de Colony Capital a créé la surprise. La famille a d'ailleurs précisé que la prise de participation de Groupe Arnault et Colony Capital s'était opérée sans concertation préalable avec elle.

 

Restructuration du patrimoine immobilier

 

Détenant moins de 10 % du capital (3,6 milliards d'euros au cours d'hier), ces deux nouveaux actionnaires n'ont pas l'obligation, en vertu de la réglementation boursière, de préciser leurs intentions. Seule certitude, ils chercheront par tous les moyens à valoriser leur nouvel investissement. Mais, selon toute probabilité, sans que cela passe par une OPA. C'est pourquoi hier l'action Carrefour a perdu 2,04 % à 52,80 euros. L'irruption de Groupe Arnault et de Colony met en revanche une pression supplémentaire sur la stratégie de « croissance rentable » menée par José Luis Duran, et la façon de valoriser au mieux les actifs du groupe. Depuis deux ans, le président du directoire du groupe tente de redresser la situation en France, où le distributeur possède, toutes enseignes confondues, plus de 25 % de parts de marché. Il y a encore des économies à faire. Le parc de magasins peut être davantage optimisé, en en vendant certains ou en en échangeant d'autres. Mais les vrais relais de croissance sont difficiles à trouver. La présence de Colony, spécialiste reconnu des valorisations immobilières et qui a impulsé une vraie révolution stratégique chez Accor, plaide pour une restructuration du patrimoine de Carrefour. « L'une des solutions pourrait être la mise en Bourse du patrimoine immobilier, en profitant du statut très favorable de sociétés d'investissement cotées (SIIC), comme l'a déjà fait Casino avec Mercialys », estime Cédric Lecasble chez Kepler Equities. Mais selon lui, Carrefour pourrait espérer mettre en Bourse au mieux l'équivalent de 5 milliards d'euros d'immobilier.

 
Source : le figaro
http://www.lefigaro.fr/actubourse/20070308.FIG000000151_bernard_arnault_force_la_porte_de_carrefour.html
 

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