Qui sont vraiment les éditeurs français ?

Publié le par Stéphane Jeanneteau

Qui sont vraiment les éditeurs français ?
La "cartographie éclairante" du Syntec Informatique sur les éditeurs français est rassurantes... Mais, dans un secteur en pleine concentration, les français pourront-ils résister ? (09/06/2006)
  
L'industrie logicielle française se porte bien, telle est la conclusion de la "cartographie éclairante des éditeurs de logiciels français" commandée par le Syntec à IDC, en collaboration avec le cabinet d'observation CPX.
 
Généralement petit, l'éditeur français est plutôt "dynamique, inventif, doté d'une expertise reconnue et générateur d'emplois". Pour être français, un éditeur de logiciel doit être, selon l'étude, une société remplissant deux des conditions suivantes : siège social en France, structure du capital majoritairement française, équipe de recherche et développement en France. Au total, 2 500 sociétés répondent à ces critères.
 
Le travail des 68 000 professionnels (dont 8 000 à l'international) qu'emploie l'ensemble, a engendré en 2005 un chiffre d'affaires de plus de 7,2 milliards d'euros. Avec une croissance de 116 % entre 1995 et 2005, l'industrie logicielle est le moteur de la croissance du secteur informatique, loin devant la fourniture de matériel, dont la croissance a tout juste dépassé 50 % sur la même période.
 
Ce superbe tableau comporte néanmoins certaines zones d'ombre : la France ne compte pas suffisamment de grands éditeurs internationaux. A l'image de leurs homologues européens (exception faite de SAP en Allemagne), les éditeurs français sont globalement faibles face à leurs concurrents américains. Seuls des Dassault Systèmes pour la CAO et le PLM et Business Objects pour la BI arrivent en tête de peloton dans leurs marchés respectifs.
 
Pour le reste, presque 4 éditeurs sur 5 réalisent moins de 500 000 euros de chiffre d'affaires et emploient 10 personnes ou moins. La France risque donc de subir de plein fouet le phénomène de concentration croissante que connaît le secteur. On ne compte en effet plus les rachats qui ont suivi celui de PeopleSoft par Oracle en 2005.
 
Certains ont quand même profité aux français. On pense notamment à Crystal Reports tombé dans le giron de Business Objects ou à la politique de croissance externe de Dassault Systèmes qui s'est, entres autres, récemment offert MatrixOne. A l'origine de ce phénomène de rapprochement, des coûts de développement de plus en plus élevés et une délocalisation de plus en plus fréquente.
 
Tenter sa chance seul ou établir des partenariats avec les "grands" ?
Dans ce contexte, les éditeurs français n'ont qu'une alternative : tenter leur chance seuls ou établir des partenariats avec les "grands". Cette solution, sans leur être réservée, profite généralement aux éditeurs de produits innovants puisque l'intérêt est alors réciproque : les grands éditeurs élargissent leur gamme tout en offrant une large diffusion aux éditeurs de solutions technologiques avancées ou de niche.
 
Cette idée semble séduire une large part des professionnels du secteur. A la question (multiréponses possibles) "quelles voies de développement envisagez-vous dans les deux ans ?", 61% des 605 sociétés interrogées souhaitent recruter de nouveaux partenaires distributeurs en France et 61% à l'international.
 
D'autres, moins nombreux, pensent pouvoir mener leur barque seuls. Ils sont ainsi 34 % à envisager l'ouverture d'agences à l'étranger et 16 % sur le territoire national. 25 % seraient quant à eux prêts à investir dans le rachat d'autres sociétés.
 
Toutes les ressources sont donc loin d'être épuisées. Au cinéma, ils seraient "meilleurs espoirs". En informatique, on les appelle les "gazelles du logiciel français". 152 éditeurs ont été identifiés pour leur dynamisme de croissance (plus de 20% en 2005 ou en prévision pour 2006) et pour leur capacité à embaucher.
 
Parmi ces jeunes sociétés (la moitié d'entre elles a moins de 5 ans) très représentatives du marché français, plus qu'un quart a vu son chiffre d'affaires s'envoler de plus de 50%. 42% ont ainsi dépassé le million d'euros de chiffre d'affaires alors qu'elles sont 90% dont l'effectif est, pour l'instant, inférieur à 50 collaborateurs.
 
Petits donc, mais énergiques les éditeurs français. Ils choisissent prioritairement des secteurs porteurs et facilement exportables tels que la GED, la sécurité, le CRM ou le décisionnel. Ils sont loin d'avoir dit leur dernier mot et, malgré une apparente fragilité, sont prêts à faire face à leurs concurrents étrangers.
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Publié dans Domaines IT

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