La Fnac est en pleine contre-offensive face à une concurrence multiforme.

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La grande distribution:  L'actualité

 

La Fnac est en pleine contre-offensive face à une concurrence multiforme.

 

C'EST toujours le premier disquaire de France. Le premier libraire aussi. Mais la Fnac est bousculée par une concurrence de plus en plus large et agressive. D'un côté, les sites Internet à prix discount, comme Rueducommerce ou CDiscount. En multipliant toute l'année les bonnes affaires, ils captent une partie de la clientèle pour ses achats en micro-informatique.

 

De l'autre, les spécialistes de la grande distribution et de la vente de biens culturels, de Carrefour à Auchan en passant par les Centres E. Leclerc et Cultura, puisent dans l'énorme vivier de consommateurs qui font leurs courses en famille le week-end, dans des centres commerciaux.

 

La Fnac réagit à ces attaques. Denis Olivennes, son président, s'est récemment félicité de l'amélioration de ses performances. Des décisions parfois difficiles ont été prises. Minées par l'essor de la photo numérique, les 49 boutiques Fnac Service sont en cours de fermeture. Autre ajustement : la réduction des surfaces de vente réservées aux CD et aux DVD, victimes du téléchargement sur Internet. Enfin, la Fnac se risque dans de nouveaux métiers comme dans la téléphonie mobile. En juillet, l'enseigne a lancé avec Orange une nouvelle offre, qui s'adresse en priorité à ses adhérents.

 

« Je suis arrivé à la Fnac il y a trois ans, rappelait récemment Denis Olivennes. L'enseigne était brillante, mais son actionnaire PPR s'inquiétait du fléchissement de ses résultats. En octobre 2003, nous avons lancé le projet Fnac Passionnément, pour retrouver les fondamentaux de la Fnac et, en même temps, construire le futur. Pour la quatrième fois consécutive ce semestre, la progression du résultat opérationnel est à deux chiffres. »

 

Ordinateurs portables prêts à emporterPour gagner de nouveaux clients, la Fnac veut être partout. Elle s'était contentée jusqu'alors des centres-villes. Elle s'attaque maintenant à la périphérie. Elle vient d'inaugurer un tout nouveau magasin à Bordeaux-Lacq, conçu comme un grand supermarché de la culture. C'est une Fnac qui accepte les Caddies et prône le libre-service, avec en rayon des appareils photo et des ordinateurs portables prêts à emporter. Denis Olivennes y voit l'essentiel du développement de la Fnac en France. Sur ce modèle, il compte ouvrir quatre à cinq de ces Fnac de banlieue par an.

 

Mais les jours les plus heureux sont peut-être passés. « La Fnac est sans doute l'enseigne de distribution de PPR la plus sympathique, analyse un consultant. Mais c'est aussi celle où se pose le plus de questions stratégiques. L'essor de la vente de produits techniques sur Internet et la dématérialisation du disque lui posent un sérieux dilemme. Il est possible qu'elle soit à son apogée. » La Fnac, bien sûr, a son site Internet. Mais l'équation est difficile : il ne peut rivaliser avec des sites à prix cassés comme Rueducommerce sans faire du tort aux magasins. « La Fnac devra redevenir le showroom de produits technologiques qu'elle était, tout en misant sur les services », estime un analyste. C'est le nouveau pari de Denis Olivennes, décidé à imposer la Fnac comme le spécialiste de l'assistance en nouvelles technologies en France. Mais il trouvera, là encore, un rival de taille : Darty, dont le service après-vente occupe déjà 35 % de ses effectifs, soit 3 500 personnes. A moyen terme, ce sera plus de la moitié.

 

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Publié dans Les news

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