Casse-tête américain pour distributeurs français

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La grande distribution:  L'actualité

  

Casse-tête américain pour distributeurs français

MATHILDE VISSEYRIAS.
 

L'échec de Décathlon aux États-Unis n'est pas un cas isolé. D'autres enseignes ont renoncé avant lui.

 

IL JETTE donc l'éponge. Décathlon fermera les quatre magasins qu'il exploitait encore outre-Atlantique. Malgré ses efforts, Décathlon n'a jamais gagné d'argent aux États-Unis. Il s'y était installé en 1999. D'abord à la tête de dix-neuf magasins, le distributeur a vite réduit la voilure. Il se contentait de quatre boutiques depuis trois ans.

 

D'autres avant Décathlon s'y sont aussi cassé les dents. À commencer par le symbole du shopping à la française : Le Printemps n'a pas tenu longtemps à Denver, dans le Colorado. Il avait ouvert un magasin en novembre 1987 et il a plié bagages deux ans plus tard. Les Galeries Lafayette n'ont fait guère mieux. Elles ont ouvert un magasin à New York, en 1991. Loyer trop cher, style jugé trop français, ventes inférieures aux attentes... Les Galeries Lafayette américaines ont accumulé les pertes et, en 1994, Georges Meyer, alors président du groupe, décide d'en finir. Le grand magasin fermera ses portes en novembre.

 

Dans la distribution alimentaire, et malgré l'expansion internationale à tous crins menée ces dernières années, Carrefour est absent du marché américain. Le groupe a beau avoir réalisé 52,2 % de son chiffre d'affaires hors de France en 2005, il n'a pas un magasin aux États-Unis. Auchan non plus, malgré des tentatives. Le groupe de la famille Mulliez possédait deux magasins à Houston. Incapable de lutter contre la stratégie d'encerclement et de prix cassés du géant Wal-Mart, il a renoncé au début de 2003.

 

Un marché très fermé« La plupart des grands distributeurs français ont essayé de s'implanter aux États-Unis, mais aucun n'a réussi, analyse Annie Girac, conseiller sectoriel chez Euler Hermes SFAC. Auchan, mais aussi Euromarché, Leclerc et Rallye avaient des magasins qu'ils ont fermés ou vendus. »

 

Carrefour a renoncé à ses magasins alimentaires aux États-Unis en 1993. Il avait deux hypermarchés : l'un en Pennsylvanie, et l'autre dans le New Jersey. « Le groupe avait aussi des participations dans des chaînes spécialisées qui pouvaient lui servir de laboratoires, poursuit Annie Girac. Il les a toutes vendues. Il a cédé ses 9 % dans Office Depot en 1995 et ses 10 % dans Petsmart en 2002. »

 

Le marché américain est en fait très fermé et il est tenu par deux catégories d'acteurs. D'un côté, il existe de nombreuses enseignes très spécialisées et pratiquant des prix très compétitifs. De l'autre, il y a le mastodonte Wal-Mart, numéro un mondial de la grande distribution qui, lui aussi, applique une politique de prix très agressive. Pris entre ces deux types d'acteurs, les pionniers français n'ont pas réussi à se faire une place. Pour l'instant, parmi les grands noms, seul Casino a encore un pied aux États-Unis avec deux enseignes, Smart & Final et United Grocers.

Publicité

Publié dans Les news

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article