France - La grande distribution redore son image sociale
France - La grande distribution redore son image sociale
Désormais mis en valeur dans les linéaires, le commerce équitable fonctionne bien chez Leclerc, numéro un du secteur en France, avec un chiffre d'affaires d'un peu plus de 20 millions d'euros cette année... contre moins de 4 millions en 2003. Mais cela reste bien peu de chose par rapport aux 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel réalisés par Leclerc. « L'enjeu d' image est important, reconnaît Charles Ly Wa Hoï, directeur de la qualité et du développement durable chez Leclerc. Nous avons pris des risques en commercialisant ces produits porteurs d'un concept inconnu, risques justifiés par notre engagement dans ce nouveau type de commerce ». Il est vrai que les produits équitables représentent entre 50 et 100 références, pour 40.000 à 50.000 produits dans un hyper de taille moyenne. Le commerce équitable fait aussi les beaux jours de Monoprix, avec un chiffre d'affaires qui a bondi de 32 % l'an dernier pour les produits alimentaires, selon Catherine Bachelot, responsable du développement durable chez Monoprix. La grande distribution ne renonce pas pour autant à ses marges : " À partir du moment où leur référencement chez Leclerc permet une augmentation du volume des ventes de produits équitables, le distributeur est en droit de demander à ses fournisseurs de modérer leurs prix. La hausse des volumes compense la baisse du prix de vente. Tout le monde est gagnant ", assure Charles Ly Wa Hoï. Ce discours est irrecevable pour la fédération des Artisans du Monde, qui redoute un déréférencement des fournisseurs qui refuseront de baisser leurs prix. Ce qui inquiète aussi Artisans du monde, c'est le lancement de gammes équitables sous des marques de distributeurs.
La Tribune, 05/10/2006, page 35, Christine Lejoux