RFID 2006 : Arnaud Mulliez, Président d’Auchan France livre sa vision du marché

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La grande distribution:  L'actualité IT - RFID

 

RFID 2006 : Arnaud Mulliez, Président d’Auchan France livre sa vision du marché

Jeudi 05 octobre 2006
 

Les 29 et 30 novembre 2006, le Pôle des Industries du Commerce sera partenaire de la Chambre de Commerce pour le salon RFID 2006 qui se tiendra à Lille. Arnaud MULLIEZ, Président d’Auchan France et Président du Pôle de compétitivité des Industries du commerce, explique dans une interview accordée aux organisateurs du salon ce qu'il en attend et les raisons de son implication.

 
Qu’attendons-nous de ce salon ?

La RFID est l’objet d’une communication de plus en plus abondante. Dans cette communication, il est véritablement difficile aujourd’hui pour les entreprises de faire la part des choses entre :

- ce qui relève en grande majorité d’expérimentations

- et ce qui peut réellement être déployé à grande échelle dans notre secteur, avec la bonne équation économique.

Nous sommes pour autant convaincus que le « commerce du futur » est en train de se profiler à partir de la RFID et de ce que l’on appelle « l’intelligence ambiante ». Dans cette « intelligence ambiante », non seulement le citoyen et le consommateur auront la possibilité d’être connectés en permanence à leur environnement, mais également les objets qui les entourent pourront être connectés entre-eux.

C’est la raison pour laquelle le « Pôle de compétitivité des Industries du Commerce » a établi ce partenariat avec Reed Exposition et à Lille de surcroît.

 
Pourquoi Lille ?

Lille a une position stratégique singulière. 100 millions de consommateurs dans un rayon de 300 km autour de la métropole lilloise, les centres de décision et les centrales d’achat d’un grand nombre d’enseignes de dimension internationale ainsi que le deuxième centre logistique français.

 

Adossée au troisième pôle d’enseignement supérieur en France et fidèle à sa tradition historique de métropole marchande européenne, la métropole lilloise concentre les atouts économiques et scientifiques d’un pôle de compétitivité de niveau international.

 

La labellisation en juillet 2005 du « pôle des industries du commerce » a constitué la première manifestation d’une volonté collective des entreprises, de l’enseignement supérieur, de la recherche et des acteurs publics de créer, dans la métropole lilloise, au cours de la prochaine décennie, « le laboratoire ainsi que la capitale internationale du commerce du futur ».

 

La participation du Pôle des Industries du commerce au Salon RFID 2006 répond à plusieurs objectifs :

· Permettre à nos entreprises de découvrir et d’approfondir leur connaissance du sujet à partir de réalisations effectives et de témoignages issus de différents secteurs économiques. Il est en effet important pour nos entreprises d’avoir également des retours d’expériences de prestataires de services ou d’industries avec lesquels la distribution est en lien.

Par exemple : l’agro-alimentaire dans le domaine de la traçabilité

la logistique s’agissant des questions de localisation des produits, de gestion des entrepôts ou d’optimisation des tournées de véhicules…

le textile pour lutter contre la contrefaçon

 

Plus généralement, ce partage d’expériences est indispensable pour les très nombreuses PME avec lesquelles nous travaillons et il y a, vis-à-vis de ces entreprises, une responsabilité économique collective pour leur permettre d’amorcer cette évolution technologique.

 

Dans cet état des lieux, les questions technologiques ne sont pas notre seule préoccupation :

 
 

Le coût des tags RFID s’avère encore trop élevé (10 à 15 centimes selon les technologies) pour prétendre à une utilisation massive, notamment pour des articles de faible valeur unitaire ou avec des marges limitées. Ceci sans compter les coûts de mise en œuvre opérationnelle au sein de nos systèmes d’information et l’impact sur nos organisations.

 

A l’évidence, on s’attend dans le domaine de la RFID à une évolution du rapport coût/efficacité semblable à celle des microprocesseurs. L’inconnue qui demeure, c’est : à quelle vitesse ?

La question des standards et des normes est une question stratégique qui peut très vite mettre l’Europe et nos entreprises en situation de dépendance technologique.

Pour autant, la RFID ne pourra véritablement se développer que si elle permet une compatibilité et une interopérabilité au niveau mondial. C’est une exigence structurelle pour l’économie en général et la distribution en particulier qui ont besoin d’évoluer dans un réseau ouvert, mondialisé mais sécurisé et qui respecte la concurrence entre entreprises.

Face à ce risque, certains pays comme la Chine semblent maintenir l’hypothèse d’un système national. Pour ce pays, l’enjeu mis en avant est en effet stratégique puisqu’il affiche la volonté de renforcer sa situation de « premier fournisseur mondial ».

 

Nous pensons que les pouvoirs publics aux niveau national et européen doivent éclairer les entreprises sur cette question et les aider à comprendre les enjeux stratégiques sous-tendus par cette question des standards.

Nous percevons qu’il y a un enjeu majeur à informer le citoyen et le consommateur.

 

A la lumière des réactions auxquelles ont été confrontées les toutes premières expérimentations dans la distribution, il faut être particulièrement attentif aux interrogations de nos clients pour qu’il n’aient pas le sentiment d’une ingérence dans la sphère privée. Les investissements à réaliser pour intégrer la RFID dans nos process seront importants et nous ne pouvons pas nous permettre un rejet de cette technologie.

Il y a en conséquence une exigence forte à la fois d’éthique et de pédagogie, donc de transparence et de dialogue en amont entre tous les acteurs.

 
C’est la raison pour laquelle :

- le pôle a sollicité la participation du Président de la CNIL dans la table ronde qu’il organise pendant le Salon sur le thème « la France et l’Europe face aux enjeux de la RFID, forces et faiblesses, quelle place dans la course mondiale ? » ;

- je pense que la très large consultation européenne lancée par Mme REDING, Commissaire européen pour la Société de l’Information et des Médias, est une démarche majeure pour identifier les inquiétudes et les risques de rejet et construire un environnement stable, indispensable pour nous qui sommes en contact quotidien avec le consommateur. D’ailleurs certaines questions de cette consultation concernent très directement la distribution européenne.

 

Quelle est la place de la RFID au sein des travaux du Pôle des Industries du commerce ?

La démarche du pôle repose sur deux premières étapes, qui sont essentielles :

- dans un premier temps, il s’agit de comprendre la technologie RFID, d’en appréhender toutes les dimensions

ceci pour,

- dans un deuxième temps, en identifier les usages qui pourront en être faits dans nos métiers respectifs de la distribution, de la VAD et de la logistique, avec l’objectif d’améliorer sensiblement nos performances tout en apportant de nouveaux services à nos clients.

 

La question des usages est donc le point central de notre démarche. Notre pôle des industries du commerce a un positionnement particulier : il n’a pas vocation à développer la technologie pour elle-même. Il s’agit d’innover à partir d’un effort partagé en matière de R&D dans la création de nouveaux services.

 

Cela nous donne donc beaucoup de liberté pour rechercher des synergies avec d’autres pôles de compétitivité. Nous avons par exemple établi des contacts avec le pôle « Solutions Communicantes Sécurisées » basé à Sophia Antipolis et identifié des chantiers communs avec les pôles UP-TEX et I-TRANS dans le Nord Pas de Calais.

 

C’est bien en termes de capacité à créer de la valeur pour nos clients que nous abordons la question de la RFID et de sa place dans nos métiers.

 

Dans ce sens, nous travaillons par exemple sur un projet stratégique « d’infrastructure du commerce du futur » (ICOM) : il s’agit d’une plate-forme commune aux différentes entreprises du pôle des industries du commerce, qui permet de mutualiser les fonctions de base nécessaires aux applications du commerce du futur (traçabilité, RFID, paiement sans contact, déploiement d’applications, authentification du client, etc...). L’ambition est de proposer d’ici à 24-36 mois une plate-forme expérimentale accompagnée de différents démonstrateurs (retours VAD, paiement sans contact, merchandising en magasin).

 

C’est dans cette logique de plate-forme commune que le pôle lance le projet « Cappucino », qui concerne la mise en œuvre de nouveaux services, accessibles à partir de tous équipements pouvant communiquer avec des serveurs d’information (exemple : obtenir à partir d’un téléphone, ou d’un PDA, des informations sur la localisation des produits, des promotions en cours, des facilités de paiement, …).

 

Nous regardons avec beaucoup d’intérêt tous les développements autour du futur « lnternet des objets » (ces objets dotés d’une capacité de communiquer entre eux et avec leur environnement) mais aussi les initiatives que prennent certains pays dans le monde. Je pense notamment au plan U-JAPAN (Ubiquitous), qui vise à donner à ce pays le leadership des services du futur avec l’individu comme acteur central d’une multitudes de réseaux communicants (personne à personne – personne à objet- objet à objet).

 

Bien évidemment, rendre notre logistique plus performante et optimiser la gestion de nos stocks en disposant d’informations en temps réel est, dans une perspective à plus court terme, un enjeu économique majeur pour la compétitivité de nos entreprises. C’est notamment le cas pour les entreprises de la Vente à distance avec le développement d’internet.

 

On peut s’attendre en ce domaine à des gains significatifs plus rapides et les expérimentations en ce domaine sont un bon levier d’apprentissage de cette technologie dans la perspective de pouvoir déployer à moyen terme la RFID dans toute la chaîne. C’est la raison pour laquelle, les entreprises et les partenaires scientifiques du pôle travaillent à la fois sur le back et le front-office de nos métiers.

 

En conclusion, je souhaite dire qu’il faut donner aux entreprises à la fois une vision de ce qu’elles peuvent attendre à court terme de la technologie RFID, ce qui est le but des nombreuses réalisations qui seront présentées dans le cadre de ce salon, mais aussi une vision à moyen terme.

 

Pour répondre à cette préoccupation, le Pôle des Industries du commerce organisera, dans le cadre du salon, un « workshop international » au cours duquel sera mobilisée la communauté scientifique internationale pour préfigurer la création à Lille d’une « université de la RFID » dans sa double vocation recherche et formation. Il abordera des questions majeures telles que :

- Sécurité/fiabilité des systèmes RFID

- Cryptographie et RFID

- Performance des puces, réseaux de capteurs et d’étiquettes actives.

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Publié dans Domaines IT

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