Oracle a déposé une plainte officielle contre SAP pour vols de données à grande échelle.

Publié le par Stéphane Jeanneteau

Plus précisément, Oracle aurait découvert, à la fin de 2006 une activité de téléchargement jugée anormalement élevée sur deux lignes de produits : PeopleSoft et JD Edwards. En remontant à la source de cette adresse IP émanant du Texas, Oracle aurait identifié SAP.

Oracle accuse ainsi son concurrent d'avoir accéder sans autorisation à son support client en ligne pour y dérober des logiciels et copier des solutions protégées par droit intellectuel, pour ensuite les implanter dans ses serveurs maison.

L'éditeur estime s'être fait volé plus de 7000 documents de support en l'espace de deux semaines par SAP. Des informations qui auraient servi à proposer une offre concurrente à prix réduits. (26/03/2007)

Après le duel économique, un duel juridique s'installe désormais entre les deux éditeurs. Oracle vient en effet de porter plainte contre son rival allemand, l'accusant d'avoir délibérément volé des informations confidentielles sur le support de ses logiciels.

Selon l'éditeur américain, cette fuite de données proviendrait de son site Web client, auquel SAP aurait accédé de manière frauduleuse en récupérant les identifiants et mots de passe d'anciens clients de la marque. Ayant constaté un trafic inhabituel allant jusqu'à 1800 téléchargements par jour (quand la moyenne est de 20 documents), l'éditeur aurait alors tracé l'origine de la fuite.

Les adresses IP remontent à la société TomorrowNow, rachetée en 2005 par SAP et dont l'activité consiste à proposer des services tiers autour des produits PeopleSoft et JD Edwards, deux produits de la gamme Oracle. Après une première suspension de cette adresse IP, les téléchargements auraient repris depuis une autre adresse Internet attribuée elle aussi à SAP.

En plus du vol, Oracle accuse SAP de s'être servi de ces informations confidentielles pour tenter de lui subtiliser des clients. Peu après son rachat de PeopleSoft et de JD Edwards, SAP proposait en effet aux clients déçus du rachat d'Oracle d'obtenir un support similaire à des prix publics deux fois inférieurs à ceux d'Oracle. La société va même plus loin en parlant de concurrence déloyale.

7 anciens employés de PeopleSoft et JD Edwards mis en cause
En octobre 2005, lorsque Siebel est racheté par Oracle, SAP sort immédiatement une offre de support à prix cassé pour attirer de nouveaux clients. "Comment SAP pouvait-il offrir instantanément, un support complet du code Siebel quelques semaines après l'annonce de l'acquisition ?", s'interroge Oracle dans sa plainte écrite.

"Oracle a désormais la réponse à cette question. Pour faire face à la menace concurrentielle, SAP a illégalement eu accès et copié nos logiciels et nos documents de support…", ajoute la société. L'éditeur parle de "vol à grande échelle" ayant concerné presque l'ensemble de sa propriété intellectuelle, et orchestré par 7 anciens employés de PeopleSoft et de JD Edwards devenus depuis responsables chez SAP TomorrowNow (SAP TN).

Selon la plainte, "SAP TN ne peut pas raisonnablement ignorer les règles d'accès aux informations d'Oracle". Au total, près d'une trentaine d'identifiants de sociétés auraient été utilisés par SAP TN pour obtenir l'accès au centre de support d'Oracle. L'éditeur estime que ces informations ont donné à SAP un avantage non négligeable pour approcher ses clients.

SAP n'a pas souhaité s'exprimer sur cette plainte jusqu'à présent. L'incident reflète bien l'animosité qui s'est installé depuis 3 ans maintenant entre les deux groupes. Oracle a dépensé plus de 20 millions de dollars pour conquérir le marché de son rival, jusqu'alors omniprésent et indétrônable. Une stratégie qui lui permet aujourd'hui de disposer de plus de 20% de parts de marché, contre 40% chez SAP (chiffres 2005 du cabinet AMR Research).

Dernièrement, Larry Ellison, le PDG d'Oracle, n'a pas hésité à railler son concurrent à l'occasion de la publication des résultats financiers de sa société (lire l'article "Oracle sur les talons de SAP dans les ERP" du 22/03/2007). Pourtant, si Oracle dénonce les pratiques de son concurrent, il n'hésite pas à faire de même, par exemple avec son programme Unbreakable Linux où il offre du support sur la distribution Red Hat moitié moins cher que le support officiel de l'éditeur.

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Publié dans L'actualité IT

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