Tesco veut accélérer à l'international

Publié le par Stéphane Jeanneteau

La première chaîne britannique de supermarchés a annoncé hier des bénéfices records. Elle va redistribuer 4,5 milliards d'euros à ses actionnaires.

OPÉRATION profil bas. En dix ans, Terry Leahy a fait de Tesco le numéro un britannique et numéro cinq mondial de la distribution. Aussi, hier, lorsque le président du groupe fondé en 1919 a annoncé un bénéfice record de 3,8 milliards d'euros - soit 7 200 euros par minute - pour des ventes en hausse de 10,9 %, à 69,9 milliards d'euros (le PIB du Pérou), il s'est gardé de célébrer un modèle de croissance envié. Pas question d'alimenter l'image d'omnipotence que ses détracteurs dénoncent. Comme Andrew Simms qui, dans un livre intitulé Tescopoly, affirme que la Grande-Bretagne est en passe de devenir l'État d'un seul supermarché.

Du fait de la croissance du groupe qui emploie 350 000 personnes dans le monde, 1 livre sur 4 dépensées par les Britanniques dans l'alimentation l'est désormais dans un des 1 900 magasins Tesco. Le groupe détient 31,2 % de part de marché du secteur, autant que ses deux concurrents directs réunis, Sainsbury et Asda (Wal-Mart). Un rapport vient même de déterminer que, dans six zones, Tesco dépasse les 50 % - il lui faudra céder des établissements. La commission de la concurrence enquête.

Malgré ces soupçons de position dominante, Tesco suit son carnet de route, axé sur quatre priorités. Un : rester fort au Royaume-Uni, à l'origine des trois quarts des profits. Deux : développer le pôle services (finance, télécoms, Internet...). Avec Tesco Direct, le distributeur vient de se lancer dans la vente par catalogue - jusqu'à présent citadelle du leader Argos - avec l'idée de s'investir dans de nouveaux marchés, comme le meuble. Trois : grossir dans le non-alimentaire, où Tesco taille des croupières aux librairies WHSmith, aux pharmacies Boots Alliance, aux distributeurs de biens culturels Woolworths et HMV. L'an dernier, le secteur a progressé de 12 %, soit un chiffre d'affaires global de 15,6 milliards d'euros.

Quatre : croître à l'international. Sir Terry a insisté hier sur les performances à l'étranger : « Elles ont été bonnes alors que trois de nos marchés majeurs - la Corée, la Thaïlande et la Hongrie - ont été confrontés à des crises politique et économique. » Bientôt, sous la dénomination Fresh & Easy, il ouvrira des supérettes aux États-Unis. L'an dernier, 484 magasins ont été ouverts ou rachetés (11 Carrefour en République tchèque, 146 Leader Price en Pologne...). Hors Royaume-Uni, les ventes ont progressé de 18 %, à 16,5 milliards d'euros. L'objectif est d'investir encore, sans pénaliser les actionnaires, précise Terry Leahy.

Car ces solides performances n'empêchent pas les pressions. Avec Sainsbury et Alliance Boots, les fonds d'investissement ont montré tout l'intérêt qu'ils portaient aux distributeurs britanniques. Grâce à des cessions d'actifs immobiliers, Tesco va rendre à ses actionnaires sous forme de rachat d'actions l'équivalent de 4,5 milliards d'euros. C'est deux fois plus que prévu.

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Publié dans Les news

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