Intensifier la concurrence dans la distribution pour baisser les prix à la consommation

Publié le par Stéphane Jeanneteau

Intensifier la concurrence dans la distribution pour baisser les prix à la consommation

Le président de la République a annoncé, jeudi 30 août, lors de l'université du Medef, sa volonté de faire baisser les prix à la consommation, afin de relancer le pouvoir d'achat des Français. Nicolas Sarkozy compte y parvenir en "intégrant toutes les marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte". Derrière ce vocabulaire technique, le président a repris son costume de ministre de l'économie pour appeler à une poursuite de la réforme de la loi Galland sur les relations commerciales entre distributeurs et fabricants. Votée en 1996, cette loi définit de façon très rigide un seuil de revente à perte en dessous duquel une enseigne de distribution ne peut pas descendre, sauf à s'exposer à des poursuites. La question est de savoir comment est calculé ce seuil. Dans la loi Galland, le tarif négocié entre un fabricant et un distributeur servait de limite infranchissable. Comme le fabricant reste maître de fixer ses tarifs, il paraît difficile dans ce schéma d'établir une vraie concurrence entre les enseignes et tirer ainsi les prix les vers le bas.

En 2006, une réforme de la loi Galland a été initiée. Pour calculer son prix net d'achat, qui sert de référence pour le calcul du seuil de revente à perte, un distributeur peut désormais défalquer une partie des "marges arrière". Il s'agit de sommes facturées par les enseignes à leurs fournisseurs pour la mise en valeur d'un produit dans un rayon ou dans un catalogue.

Cette réforme se veut progressive. La première étape actuellement en vigueur prévoit qu'au-delà d'un seuil de 20 % de "marges arrière", le distributeur peut réintégrer ces sommes dans le calcul du prix net d'achat du produit, afin de le faire baisser d'autant. Au lieu de mettre dans sa poche la totalité des "marges arrière", le distributeur peut désormais choisir d'en redistribuer une partie au consommateur sous la forme de baisse de prix, afin de doper son chiffre d'affaires.

M. Sarkozy veut donc maintenant accélérer ce mécanisme en autorisant les distributeurs à basculer la totalité des "marges arrière" et non plus seulement 20 %. Une mesure qui vise à intensifier la concurrence entre enseignes. Reste à savoir si le consommateur en sera le premier bénéficiaire.
Source : Le monde

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Publié dans La Consommation

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