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Metro INC. Historique :
Un nouveau groupe d'achat voit le jour et s'affirme (1947-1957)
À l'approche des années 50, le secteur de l'alimentation est en position de connaître de profondes mutations. Deux types de commerce se disputent alors âprement la faveur des clients. Il y a d'abord les chaînes de magasins (Dominion, Steinberg, A&P, Dionne, Union et quelques autres) et une multitude d'épiceries indépendantes qui, pour contrer la concurrence des premiers et les difficultés d'approvisionnement, en viennent progressivement à s'associer pour effectuer leurs achats.
C'est dans un tel contexte qu'une charte déposée par un groupe d'épiciers de Montréal est adoptée, le 22 décembre 1947, par la législature provinciale. Un nouveau regroupement d'épiciers était né: Magasins Lasalle Stores ltée.
Ce projet voit véritablement le jour quelques semaines auparavant, dans une petite école de Verdun. Des épiciers-bouchers participent alors à une assemblée afin d'échanger sur l'avenir de leur commerce. Tous éprouvent les mêmes difficultés et inquiétudes face à la concurrence que leur opposent les chaînes corporatives dont le pouvoir d'achat permet d'offrir de meilleurs prix de vente. Comme les grossistes en alimentation tels qu'on les connaît aujourd'hui n'existent pas, de plus en plus d'épiciers optent pour la formule du regroupement volontaire (ou groupe d'achat), l'idée étant de se donner les moyens qui leur permettront d'offrir à leurs clients des produits à des prix comparables à ceux des « magasins à chaîne ». De semblables groupes prennent déjà forme dans plusieurs régions du Québec: Les Épiciers Modernes (fondée à Montréal en 1927), Épiciers Unis inc. (Québec, 1928), Les Épiciers Coopératifs (Sherbrooke, 1931), la Société Provinciale des Épiciers (Québec, 1939), Épiceries Richelieu limitée (Montréal, 1940), Les Épiciers Maisonneuve (Montréal), Magasins Régal Stores (Trois-Rivières) et Les Marchands de l'Ouest de Montréal (ces trois derniers créés en 1945).
Conscients de cette situation, les épiciers présents à cette réunion conviennent de la nécessité d'agir afin de former une entreprise pouvant les représenter et les soutenir dans l'exercice de leurs activités. L'assemblée voit d'abord à la nomination d'un conseil d'administration provisoire, présidé par M. Rolland Jeanneau, lequel est chargé d'effectuer les démarches nécessaires menant à sa reconnaissance. Tel que stipulé dans la charte qui est adoptée, le but premier de cette entreprise est de pratiquer « le commerce d'épicier-boucher en gros et au détail, de courtier en marchandises d'épicerie, viandes, volailles, poissons, charcuteries (...) et de tout ce qui peut faire l'objet du commerce d'épicerie et de boucherie en général ».
Le capital autorisé se limite alors à 40 000 $, réparti en 200 actions d'une valeur nominale de 200 $. En devenant membre, chaque épicier reçoit une action qui lui donne un droit de vote, et ce, peu importe son chiffre d'affaires. Une cotisation hebdomadaire de 5 $ lui est demandée afin de financer les services offerts. À la fin de l'exercice financier, les profits d'opération sont redistribués sous la forme d'une ristourne proportionnelle au volume des achats de chaque actionnaire.
Au départ, 19 épiciers acceptent de se lancer dans l'aventure. Ces derniers sont tous propriétaires d'une petite épicerie, la majorité d'entre eux réalisant un chiffre d'affaires variant entre 800 et 1 500 $ par semaine. Ils offrent généralement un service de livraison gratuit, font crédit à bon nombre de leurs clients et n'ont pour seule publicité, qu'une circulaire de deux pages, en noir seulement, réalisée de façon artisanale. Leurs boutiques ont toutes pignon sur rue à Montréal ou dans une municipalité voisine.
Le groupe nouvellement formé procède à l'embauche de deux personnes chargées de gérer les achats et de s'occuper de la distribution des produits aux membres. L'entreprise est hébergée temporairement par un fournisseur en fruits et légumes qui lui cède une petite pièce de 100 pi2. Quelques mois plus tard, elle s'installe dans une boutique située au 508, rue Vinet, dans le quartier Saint-Henri. Cette échoppe d'une superficie d'environ 300 pi2 sert à la fois de siège social et d'entrepôt. Devant l'expansion rapide du nombre de membres, les dirigeants réalisent qu'il leur faut un autre local, plus spacieux. Ils se portent donc acquéreurs, en 1950, d'un immeuble sis au 3624, rue Ethel à Verdun. Le rez-de-chaussée du bâtiment, d'une superficie d'environ 1 500 pi2, fait alors office d'entrepôt, la pièce située à l'étage étant aménagée pour les tâches cléricales et les réunions.
Le 30 juin 1952, les membres du groupe adoptent un nouveau nom: Les Épiceries Lasalle Groceteria ltée. L'ajout du terme "Groceteria" au nom de la compagnie doit vraisemblablement être compris comme une manifestation du vent de changement qui souffle alors dans le secteur du commerce de l'alimentation (Groceteria: ang., signifiant "épicerie où les clients se servent eux-mêmes"). À cette époque, les épiciers ne disposent généralement que de modestes locaux. Ils accueillent leurs clients dans de petits magasins dont la superficie varie entre 600 et 1 200 pi2 et où la marchandise est généralement placée sur des tablettes en bois fixées au mur. La vente des produits se fait autour de vastes comptoirs d'accueil, les clients s'adressant directement à l'épicier pour obtenir les articles désirés.
D'importants travaux de rénovation viennent toutefois modifier cet environnement. À compter des années 50, de nombreuses épiceries s'agrandissent et se modernisent, leur superficie pouvant atteindre jusqu'à 4 000 pi2. En même temps, une nouvelle pratique commerciale prend forme, le libre-service. Plus qu'une simple technique de mise en marché, il s'agit d'une innovation d'importance qui se traduira par une modification radicale des habitudes des consommateurs et par l'avènement du panier d'épicerie sur roulettes. On voit dès lors apparaître de nouveaux îlots métalliques pour l'étalage des produits, la traditionnelle glacière disparaît pour faire place aux comptoirs réfrigérés et le vrac est abandonné au profit de produits préemballés. La disposition des rayons permet aux clients de circuler librement pour y faire leurs achats qu'ils paient à la caisse. Peu à peu, les commandes par téléphone, la vente à crédit et la livraison à bicyclette deviennent choses du passé.
En effectuant tous ces changements, les membres de Les Épiceries Lasalle Groceteria ltée se positionnent pour concurrencer les chaînes. Trois ans après leur acquisition, les locaux de la rue Ethel ne suffisent plus aux besoins de l'entreprise qui compte 43 membres. La direction procède alors à l'achat d'un vaste terrain (50 000 pi2) pour y édifier un nouvel entrepôt de 15 000 pi2. Les nouvelles installations, sises au 2225, rue Leclaire dans l'est de Montréal, sont inaugurées en novembre 1953.
Malgré un départ modeste, l'entreprise connaît une croissance rapide. La valeur des ventes de l'entrepôt aux 50 épiciers membres franchit d'ailleurs le cap des 2 000 000 $ dès 1955.
Des années de forte croissance (1958-1967)Au cours des années 50, la population québécoise enregistre une croissance rapide, passant de 4 à 5 millions d'habitants. Caractérisées par une poussée de l'urbanisation, par l'arrivée de plusieurs milliers d'immigrants et par une forte croissance économique, ces années modifient profondément le visage du Québec et les modes de vie de ses habitants.
Bénéficiant d'un contexte favorable, le secteur du commerce de détail atteint de nouveaux sommets. Entre 1946 et 1960, la valeur totale des ventes de véhicules automobiles est multipliée par sept. Les produits de première nécessité (comme l'alimentation, les vêtements, etc.) connaissent également une forte croissance, les ventes enregistrées en 1960 étant de trois à quatre fois supérieures à celles de 1946. La télévision, qui n'est apparue au Québec qu'en 1952, rejoint déjà 90 % des foyers en 1960 et suscite l'éclosion de nouvelles valeurs en permettant une ouverture sur le monde.
Sur la scène politique, le parti de l'Union Nationale, au pouvoir depuis 1944, ne parvient pas à se relever du décès de Maurice Duplessis en septembre 1959. Quelques mois plus tard, les électeurs élisent Jean Lesage et son « équipe du tonnerre »; c'est le début de la Révolution tranquille. L'État entreprend alors d'importantes réformes, notamment en éducation et dans le secteur de la santé et des affaires sociales.
Des ajustements nécessairesPortée par cette conjoncture favorable, la direction ne tarde pas à opérer les changements nécessaires au bon développement de l'entreprise. En juillet 1958, des travaux sont entrepris afin d'agrandir l'entrepôt de la rue Leclaire.
La structure financière de l'entreprise est en outre revue, la direction s'appliquant à élaborer des normes plus rigoureuses de gestion. Cette démarche se traduit notamment par une première augmentation du capital autorisé qui passe de 40 000 à 640 000 $, réparti en 200 actions ordinaires (avec droit de vote) et 3 000 actions privilégiées d'une valeur au pair de 200 $ chacune. Un an plus tard, les épiciers qui font partie du groupe disposent d'un nouveau service pour l'achat en commun de viandes.
Les progrès du groupe engendrent un achalandage accru à l'entrepôt. En 1959, deux ans à peine après avoir pris la décision d'élargir les ventes à des non-membres, l'entreprise est fière d'annoncer qu'elle répond aux commandes d'approvisionnement de « plus de 150 épiciers de Montréal et de l'extérieur qui ne font pas partie de notre regroupement ». Leurs achats s'ajoutent à ceux effectués par les épiciers-membres, dont le nombre s'élève déjà à 91. Invité à couvrir un banquet du groupe, un journaliste de La Voix Populaire souligne avec enthousiasme les progrès de l'entreprise. Son reportage, publié en février 1960, paraît sous le titre : « Essor gigantesque de cette entreprise de chez nous ». Ce dernier se montre particulièrement impressionné par l'augmentation rapide du chiffre d'affaires. Il attribue cette performance au dynamisme de ces marchands qui, ensemble, ont « dépensé, au cours de 1959 seulement, plus de trois quarts de millions de dollars pour la rénovation de leurs commerces ». En moins de douze ans, Les Épiceries Lasalle Groceteria ltée se sont hissées au premier rang des regroupements volontaires du Québec.
Le manque d'espace amène bientôt les dirigeants de l'entreprise à faire l'acquisition d'un terrain d'une superficie de 280 000 pi2 situé en bordure de la rue Notre-Dame, dans l'est de Montréal. Le nouvel entrepôt, qui s'étend sur quelque 165 000 pi2, est officiellement inauguré en 1964. Ce déménagement arrive à point, les ventes de l'entrepôt se chiffrant désormais à tout près de 40 millions de dollars, soit vingt fois plus qu'en 1955.
Une bannière populaire
Le groupe des épiciers Metro jouit d'une popularité sans cesse grandissante pendant cette décennie. Privilégiant une formule leur permettant de bénéficier à la fois d'une publicité et des achats en commun, la plupart des épiciers qui décident de se joindre au regroupement optent pour cette bannière. Les Épiceries Lasalle Groceteria ltée comptent ainsi 133 membres en 1961. De ce nombre, 31 épiciers sont demeurés fidèles à l'enseigne Lasalle, les autres s'étant ralliés au groupe des épiciers Metro. À cette date, environ la moitié de ces épiceries sont situées à Montréal, mais un nombre grandissant d'entre elles desservent la proche banlieue. La bannière Metro fait en outre une percée significative dans des petites villes de province, permettant à l'entreprise de rayonner depuis Montréal jusqu'à Sainte-Agathe, Valleyfield, Saint-Jean, Saint-Hyacinthe et Shawinigan.
Pour adhérer au groupe, l'investissement requis se chiffre alors à 3 500 $. Ce montant donne droit à une action ordinaire et à quatorze actions privilégiées, et comprend un droit d'entrée non remboursable de 500 $ versé dans un fonds spécial qui sert à l'organisation d'activités sociales. Moyennant un montant forfaitaire de 10 $ par semaine, les nouveaux membres bénéficient de l'ensemble de la publicité de la bannière. L'entreprise s'engage ainsi à diffuser quotidiennement des messages sur les ondes de la radio et à faire paraître des annonces dans les journaux. En mars 1962, elle publie avec fierté sa première circulaire en couleur. Chaque semaine, les membres reçoivent de nouvelles affiches pour leurs vitrines, ainsi qu'une liste des produits faisant l'objet d'une promotion. Différents services de formation et d'aide leur sont enfin offerts.
Sept ans après sa création, la bannière Metro s'avère donc une formule gagnante. C'est pourquoi la direction décide de modifier le nom de l'entreprise qui devient en 1963: Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée. L'expansion du groupe requiert bientôt une nouvelle augmentation du capital autorisé et celui-ci est porté à 1 280 000 $ en 1964. Le nombre d'actions ordinaires passe alors à 400, celui des actions privilégiées, à 6 000. La valeur au pair de ces deux catégories d'actions demeure inchangée, à 200$
Une publicité bien cibléeFace à l'apparition et au développement rapide des centres commerciaux dans les années 1960, les dirigeants de l'entreprise préfèrent consolider leur position et misent sur ce qu'ils considèrent être les principaux atouts du groupe: la qualité du service et les liens de bon voisinage qu'entretiennent les membres avec leurs clients. Les campagnes publicitaires vont donc être centrées sur l'objectif constant des épiciers Metro de bien servir les consommateurs.
En 1961, les épiciers du groupe distribuent des timbres Gold Star à leurs clients. Les timbres-primes demeurent l'un des outils promotionnels qui a le plus marqué cette époque et qui a d'ailleurs inspiré « Les belles-soeur », la célèbre pièce de Michel Tremblay. Très populaire auprès des consommateurs, ce concept repose sur un principe assez simple. À chaque fois que le client se rend dans son épicerie pour y faire des achats, il se voit remettre des timbres qu'il peut accumuler en les collant dans des livrets. Il reçoit également un catalogue illustrant divers articles ménagers ou produits de consommation qu'il peut obtenir moyennant une certaine quantité de timbres. Cette formule très appréciée de la clientèle est reprise par tous les groupes d'épiciers de même que par les grandes chaînes. En 1965, Metro décide de créer sa propre collection et lance les timbres Grand Prix.
Devant la popularité croissante de la télévision, les dirigeants de l'entreprise perçoivent rapidement le potentiel publicitaire qu'offre ce nouveau moyen de communication. À compter de 1961, Metro innove en devenant le principal commanditaire d'une émission de variétés « Avec plaisir » animée par Monique Gaube. Quelques années plus tard, l'entreprise est fière d'associer son nom à la première émission couleur diffusée sur les ondes de Télé-Metropole (1966).
Pendant toutes ces années, le petit écran sert également de véhicule publicitaire pour les « Metro-gains ». Suivant une formule qui est désormais bien connue, de courts messages présentant des produits-vedettes sont alors diffusés à intervalles réguliers sur les ondes de Radio-Canada, de Télé-Metropole ou de CFCF. Puis, en 1966, le groupe se donne un nouveau slogan, « Mon voisin Metro » et adopte comme symbole graphique le petit épicier Metro.
L'année de l'ExpoÀ l'occasion de l'Exposition universelle de Montréal (1967), le Québec accueille des milliers de touristes en provenance de tous les continents. En plus de concrétiser la vocation internationale de Montréal, l'événement permet aux Québécois de s'ouvrir sur le monde. L'exposition constitue en effet une occasion unique de découvrir et d'apprécier de nouveaux modes de vie. Ainsi, dans bon nombre de pavillons, les visiteurs peuvent se délecter de mets exotiques et de produits culinaires inédits. Expo 67 marque donc une étape importante dans le développement du secteur de l'alimentation, incitant les marchands à offrir de nouveaux produits que réclame la clientèle.
Pour Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée, cette date est également importante puisqu'elle marque le début d'une alliance avec Épiceries Richelieu limitée, un autre regroupement de marchands. Après bien des études et de nombreuses consultations, les deux entreprises décident donc d'unir leurs forces pour créer une compagnie de distribution des viandes, laquelle sera gérée à part égale par les deux sociétés. Tel que conçu, ce projet vise à mieux desservir les membres des deux groupes en leur faisant bénéficier non seulement d'un service efficace mais aussi de meilleures conditions d'achats et d'un contrôle rigoureux de la qualité. Une fois l'entente ratifiée, les deux entreprises annoncent la construction d'un vaste entrepôt de 35 000 pi2 à Montréal-Nord afin d'abriter les futures installations de Boeuf Mérite ltée.
Au terme de l'exercice financier de 1967, Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée affichent d'excellents résultats. Une fois de plus, l'année se termine par une augmentation du volume des ventes de l'entrepôt qui se chiffrent alors à un peu plus de 70 millions de dollars. Vingt ans après sa création, l'entreprise, qui compte 245 magasins et dont la superficie d'entrepôt atteint 171 400 pi2, peut en outre se prévaloir d'un actif consolidé s'élevant à près de 7 millions de dollars et d'un fonds de roulement à la hauteur de 1,9 million de dollars.
D'abord constitué pour réaliser des achats en commun, le groupe ne tarde pas à s'intéresser à un autre domaine de regroupement : la publicité. À l'approche du réveillon de Noël de 1954, l'entreprise procède à l'achat de 400 000 livres de dinde du Québec et retient une pleine page de publicité dans La Presse pour annoncer comme grande aubaine la dinde à 39 cents la livre et divers autres produits du Temps des Fêtes mis en solde dans ses magasins. Il s'agit alors d'une première. L'initiative s'avère un succès et incite plusieurs épiciers à renouveler l'expérience. Commence ainsi une période de discussions qui mènera à la création d'une nouvelle bannière destinée aux membres qui désirent profiter d'une publicité commune.
Nous sommes alors en 1956. Le maire de Montréal, Jean Drapeau, mène une campagne active pour promouvoir son projet de Metro. Les Montréalais n'ayant que ce mot aux lèvres, le nom de la nouvelle bannière s'impose de lui-même. Et c'est ainsi qu'apparaît le groupe des épiciers Metro, qui n'est au départ qu'une division de Les Épiceries Lasalle Groceteria ltée auquel viennent de se joindre les membres de Les Épiciers Maisonneuve.
À l'issue de ce regroupement, l'entreprise accueille 25 nouveaux membres. Puis, en 1957, forte de l'appui de 73 membres, la direction arrête une autre décision importante. Elle décide alors d'approvisionner des épiciers qui ne font pas partie du groupe. Une fois de plus, les nouvelles installations de la compagnie se révéleront rapidement trop étroites pour répondre à ces nouveaux besoins.
En l'espace d'une décennie, les fondateurs de l'entreprise ont donc réussi à relever le défi qu'ils s'étaient fixé. Ils ont créé une structure qui permet aux membres du groupe de s'affranchir des problèmes d'approvisionnement et de distribution. À l'approche des années 60 et de la Révolution tranquille, l'entreprise est en très bonne position et son chiffre d'affaires dépasse déjà 10 millions de dollars.
Au Québec comme ailleurs, les années 1960 donnent lieu à de profonds changements. Il règne alors une effervescence favorisant la mise en place de grandes réformes sociales, institutionnelles et économiques. Par ces transformations, le Québec s'inscrit indéniablement à l'enseigne de l'État-providence. Malgré un important ralentissement démographique, la population augmente et franchit le seuil des 6 millions d'habitants en 1971. Plus que jamais, Montréal se distingue par le caractère cosmopolite de ses quartiers. Avec l'amélioration du niveau de vie, la scolarisation plus poussée des baby-boomers et le développement de valeurs différentes, un nouveau Québec se dessine.
Après une courte période de contraction, il y a reprise de l'activité économique en 1971 grâce à la construction du stade olympique et aux gigantesques travaux de la Baie James où le nord québécois devient le théâtre du plus grand chantier du monde. En dépit d'une forte inflation, les changements initiés lors de la Révolution tranquille se traduisent par une amélioration substantielle du niveau de vie de la population. Au Québec, les ventes dans le commerce de détail font d'ailleurs un bond spectaculaire entre 1960 et 1976, passant de 4,2 à 14,3 milliards de dollars. Récoltant environ le tiers de ces ventes, le secteur de l'alimentation est l'un des principaux bénéficiaires de cette hausse.
La forte concurrence qui prévaut dans cette industrie amène toutefois les principaux acteurs à se repositionner pour préserver leur part respective du marché. Le déclenchement d'une guerre des prix et la multiplication des centres commerciaux sont autant d'éléments avec lesquels la direction de Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée doit composer. Grâce à des stratégies originales de mise en marché, le conseil d'administration fait preuve d'une grande audace et gère les affaires de l'entreprise avec brio. En fait, deux mots clefs résument cette décennie : modernisation et association.
Boeuf Mérite ltée est inaugurée le 2 juillet 1968. Résultat d'une association entre Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée et Épiceries Richelieu limitée, le nom de la nouvelle entreprise emprunte à chacun deux lettres pour former l'acronyme Mérite (MÉ-RI-te). Les deux partenaires investissent plusieurs milliers de dollars afin de pourvoir l'usine d'un équipement très moderne, favorisant ainsi son développement. Grâce à ses installations, Boeuf Mérite ltée est en mesure de garantir des viandes de première qualité aux 500 membres des deux regroupements.
Tout a été mis en place afin de permettre la manipulation adéquate de plus d'un million de livres de viande par semaine. Les carcasses de boeuf arrivent ainsi à l'entrepôt dans des wagons réfrigérés, où elles sont débitées et entreposées dans des locaux à température contrôlée, jusqu'à leur livraison qui s'effectue elle aussi par camions réfrigérés. La viande est ainsi protégée des fluctuations de température, la chaîne de froid étant maintenue jusqu'au comptoir de l'épicier.
Dès sa première année, Boeuf Mérite ltée enregistre un chiffre d'affaires de 45 millions de dollars. En 1972, on y ajoute une division « porc » (d'une capacité de débitage de 1 000 têtes par semaine) ainsi qu'un premier fumoir à jambon. Cette décision requiert un agrandissement de l'entrepôt et un investissement d'environ un million de dollars. Les démêlés de Boeuf Mérite ltée avec les courtiers en viande conduisent bientôt la direction à créer sa propre maison de courtage et à s'approvisionner directement chez les fournisseurs. Très rapidement, Boeuf Mérite ltée devient l'un des fleurons de l'entreprise et s'impose comme important distributeur de viande au Québec.
Au début des années 1970, les dirigeants des grandes chaînes passent à l'offensive. Dans le but d'occuper une plus grande part du marché, ils mettent un terme à la distribution des timbres-primes et s'engagent dans une longue guerre des prix. L'enjeu est alors de taille et la lutte, féroce. Mais comme le souligne Gérard Bélair, auteur d'une « Chronologie des épiciers en gros et des détaillants au Québec », les regroupements d'épiciers du Québec réussissent à bien tirer leur épingle du jeu, et même à tenir tête aux chaînes.
Devant l'offensive des chaînes, Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée s'organisent et parviennent assez rapidement à riposter. L'entreprise lance alors une vaste campagne de publicité afin de promouvoir les « Prix magiques » (réductions hebdomadaires) et les « Rabais éclairs » qu'offrent ses membres. L'entrepôt de la rue Notre-Dame vient en outre d'être agrandi de 67 000 pi2 et compte désormais un nouvel atout, Metro-Express. Il s'agit d'un libre-service organisé de telle sorte que les épiciers et les restaurateurs puissent obtenir rapidement au comptoir les produits qui leur font défaut.
Quelques mois plus tard, Les Marchés d'Aliments Metro-Lasalle ltée innovent une fois de plus en lançant une vaste gamme de produits de marque maison qui viennent s'ajouter à certaines conserves de légumes portant la marque Metro qui avaient déjà fait leur apparition dès 1964. Les rayons des membres du groupe s'enrichissent de 116 produits de consommation courante (jus, papiers-mouchoirs, pâtes alimentaires, etc.) portant l'étiquette Metro. Grâce à cette initiative, l'entreprise jouit d'une plus grande visibilité. Pour leur part, les épiciers bénéficient d'un rendement supérieur, tandis que la clientèle peut obtenir ces produits à meilleur prix. La popularité des produits de marque privée Metro est telle que leur nombre passe très rapidement à plus de 300.
En 1972, l'entreprise devient les Marchés d'Aliments Metro ltée. C'est à ce moment que les premiers magasins offrant le concept de supermarchés voient le jour. Un an plus tard, on célèbre les vingt-cinq ans de l'entreprise sous le thème « Le progrès en marche ». Les membres du groupe ont raison de se réjouir puisque les Marchés d'Aliments Metro ltée figurent désormais parmi les grands de l'alimentation au Québec.
Marchés d'Aliments Metro ltée en 1973, c'est plus de 300 membres affiliés et des ventes qui s'élèvent à près de 132 millions de dollars. L'entreprise, qui ne comptait que deux employés au départ, fait désormais appel à 160 personnes oeuvrant dans l'un ou l'autre de ses départements et services. En fonction depuis 1968, un centre informatique, très moderne pour l'époque, offre ainsi un service d'analyse des activités d'opération en magasin qui permet aux épiciers de développer une gestion efficace de leur commerce et de réaliser de substantielles économies. En fait, l'entreprise collabore de différentes façons aux succès de ses membres : elle leur prodigue conseils et appuis et leur offre une gamme variée de produits de marque privée ainsi que des viandes de qualité, préparées par Boeuf Mérite ltée.
En janvier 1975, Marchés d'Aliments Metro ltée et Épiceries Richelieu limitée s'unissent de nouveau pour créer une entreprise dans laquelle ils sont partenaires à part égale. Jardin Mérite ltée, un centre des plus modernes spécialement aménagé pour la distribution de fruits et légumes frais et de produits surgelés voit le jour. Cette initiative vise à permettre aux épiciers de mieux s'adapter aux demandes des consommateurs. Les exigences professionnelles, l'arrivée massive des femmes sur le marché du travail et un plus grand souci de rester en forme jouent alors sur les habitudes de consommation.
Les aliments déjà préparés ainsi que les multiples variantes (préparation régulière, légère, etc.) sont de plus en plus en demande. Avec l'amélioration des moyens de transport et d'entreposage, de nombreux fruits et légumes peuvent être disponibles presque à longueur d'année. Grâce à Jardin Mérite ltée, la clientèle des deux groupes de marchands peut désormais se procurer un choix de plus en plus élargi de fruits et légumes frais et souvent découvrir de nouveaux produits
Les succès de Boeuf Mérite ltée et de Jardin Mérite ltée conduisent bientôt les dirigeants de Les Marchés d'Aliments Metro ltée et des Épiceries Richelieu limitée à fusionner l'ensemble de leurs opérations. C'est ainsi qu'apparaît en 1976 Metro-Richelieu inc.
Les Épiceries Richelieu limitée ont vu le jour en 1939 alors que ses dirigeants voulaient se doter d'une structure leur permettant d'augmenter leur pouvoir d'achat. L'entreprise a progressé rapidement en regroupant de nombreux propriétaires de petites épiceries de quartier. À compter de 1970, Épiceries Richelieu limitée invite les marchands qui réalisent un chiffre d'affaires plus important à joindre les rangs d'une nouvelle bannière, celle des « Supermarchés Sélect »
Au terme de ce regroupement, Metro-Richelieu inc. se hisse au deuxième rang des groupements alimentaires du Québec. Plus forte que jamais, l'entreprise compte 520 magasins opérant sous l'une ou l'autre de ses bannières (Metro, Richelieu ou Sélect), 625 employés et deux entrepôts. Elle continue en outre de gérer ses deux importantes filiales, Boeuf Mérite ltée et Jardin Mérite ltée. Cette fusion se traduit par un accroissement significatif des parts de marché et par une augmentation importante du volume des ventes qui se chiffrent déjà à près de 345 millions de dollars en 1977. Forte de telles assises, Metro-Richelieu inc. peut entreprendre une nouvelle étape de sa croissance.
Le niveau de vie des familles québécoises s'améliore de façon importante pendant les années 1960 et 1970. En 1981, une récession, la plus sévère depuis celle des années 1930, s'abat toutefois sur le monde occidental. La crise est particulièrement âpre au Québec, où la reprise connaît de nombreux ratés. Le chômage et l'inflation augmentent rapidement, alors que les taux d'intérêts s'envolent vers des sommets inégalés, franchissant même la barre des 20 %. À Québec comme à Ottawa, les gouvernements s'efforcent avec plus ou moins de succès de mettre en place des programmes visant à relancer l'activité économique.
Sous l'effet de nombreux mouvements de fusion et d'acquisition, le secteur de l'alimentation se transforme rapidement. L'ouverture de plusieurs nouveaux magasins, combinée à la faible croissance démographique et aux effets négatifs de la crise économique ont pour résultat d'accentuer encore davantage la concurrence et de limiter les possibilités d'expansion. Grâce à son leadership, Metro-Richelieu inc. réussit néanmoins à surmonter ces difficultés, et à prendre de l'expansion.
La création de Metro-Richelieu inc. permet au nouveau groupe de se tailler une place enviable dans le secteur de l'alimentation. Le volume des ventes de l'ensemble des membres lui procure déjà près de 15 % des parts du marché. Confiants de la force de l'entreprise, les dirigeants passent à l'action afin d'intensifier la qualité des services offerts par Metro-Richelieu inc.
Dès 1978, un comité est formé pour se pencher sur les différentes avenues permettant un rendement optimal des installations de Boeuf Mérite ltée. Le projet d'agrandissement retenu prévoit notamment l'aménagement d'une section charcuterie, ouvrant ainsi la voie à une diversification des produits offerts par cette filiale. Dix ans après sa création, la popularité de Boeuf Mérite ltée ne se dément pas. Tirant profit d'une excellente réputation, l'entreprise réalise alors un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions de dollars, pour un volume de viande s'élevant à environ 1 800 000 livres par semaine.
Soucieuse de développer de nouveaux services utiles à ses membres, la direction de Metro-Richelieu inc. procède de plus à la création de nouvelles divisions. Buanderie Mérite est ainsi chargée d'uniformiser la tenue des employés qui travaillent en magasin, tout en exerçant un meilleur contrôle des coûts d'entretien. Une autre division voit le jour, Équipement Mérite. La mission des employés qui y travaillent consiste à développer un ensemble de services s'adressant aux marchands qui souhaitent entreprendre des travaux d'aménagement ou simplement remplacer les différentes pièces d'équipement de leurs magasins.
En 1979, Metro-Richelieu inc. change de nom et devient Groupe Metro-Richelieu inc. Au cours de cette même année, un entrepôt d'une superficie de 80 000 pi2 est inauguré à Québec. Avec cette nouvelle installation, l'entreprise est désormais en mesure de mieux répondre aux besoins de ses clients de l'Est du Québec, région où ses bannières sont déjà bien implantées. La direction souhaite toutefois intensifier cet essor. Elle forme donc une équipe spécialement chargée du recrutement de nouveaux membres. Ayant fait des percées intéressantes dans la région de la capitale, au Saguenay-Lac Saint-Jean et dans le Bas-Saint-Laurent, l'entreprise peut déjà se targuer d'être présente à la grandeur du Québec.
Puis, en 1980, Groupe Metro-Richelieu inc. fait une entrée remarquée dans le milieu des dépanneurs, un segment du marché de l'alimentation alors en progression rapide et procède au lancement de « Dépanneur 7 jours ». Cette formule vise à répondre aux requêtes adressées par de nombreux propriétaires de tels commerces, tout en permettant à Groupe Metro-Richelieu inc. d'augmenter son volume d'affaires. Comme le signale un journaliste du Journal de Montréal dans un article intitulé « Une nouvelle offensive de Metro-Richelieu », la formule proposée s'inspire de celle ayant fait les succès du groupe. Les personnes qui demandent à joindre les rangs de cette bannière continuent à gérer eux-mêmes leurs fonds de commerce tout en bénéficiant de l'immense pouvoir d'achat du groupe. Leurs seules obligations, de commenter le journaliste, consistent à bien vouloir se conformer à certaines règles relatives aux couleurs du magasin, à l'aménagement intérieur ainsi qu'aux produits à offrir.
A la fine pointe de la technologie, Groupe Metro-Richelieu inc. entreprend en 1980, l'installation de lecteurs optiques dans certaines épiceries. La Société se lance dans une refonte complète de ses stratégies publicitaires et se donne un nouveau slogan, « On connaît not'monde », Gaston L'Heureux devenant son porte-parole publicitaire. Centrée sur la caractéristique qui fait la renommée de la bannière Metro, la qualité du service personnalisé qu'on y trouve, cette campagne connaît un vif succès. D'ailleurs, les différentes initiatives de cette période semblent fonctionner à merveille avec les ventes au détail de l'ensemble des membres qui franchissent le cap du milliard dès 1980.
L'expansion rapide du groupe n'est pas sans soulever un certain nombre de difficultés en matière d'espace d'entreposage et d'organisation. Confronté à ce « problème », le conseil d'administration décide de rechercher un site répondant mieux au potentiel d'expansion de l'entreprise. Leur choix s'arrête finalement sur un emplacement situé dans le quartier Rivière-des-Prairies. Groupe Metro-Richelieu inc. parvient alors à convaincre la ville de Montréal de lui céder un vaste terrain d'une superficie de 2,6 millions de pi2, au prix de 527 133 $. En contrepartie, l'entreprise s'engage à y édifier un vaste centre de distribution, appelé Mérite 1. Finalement, ce projet comporte la construction de trois bâtiments distincts : un gigantesque entrepôt doté des équipements les plus modernes, un garage et le siège social de l'entreprise.
La structure financière du groupe et les hauts taux d'intérêts obligent cependant l'entreprise à se tourner vers ses membres pour le financement du projet. Ces derniers autorisent le conseil à utiliser les avances qui leur sont dues et de les subordonner aux éventuels créanciers, permettant ainsi à Groupe Metro-Richelieu inc. d'obtenir les prêts nécessaires à la réalisation de Mérite 1. Évalués à 45 millions de dollars, les travaux débutent en octobre 1981.
À l'automne 1981, Groupe Metro-Richelieu inc. et Épiciers-Unis inc., convoquent les médias pour une annonce importante : les deux entreprises fusionnent leurs activités. Si l'accord avec Les Épiciers Maisonneuve (en 1956) et celui avec les Épiceries Richelieu limitée (en 1976) avaient permis à l'entreprise de progresser très rapidement, cette entente constitue ni plus ni moins qu'un véritable « pas de géant dans l'unification des épiciers du Québec ». Grâce à cette fusion, le nombre d'épiciers regroupés au sein de l'entreprise s'élève désormais à environ 900. Ensemble, ces derniers génèrent des ventes au détail de l'ordre de 1,5 milliard de dollars. Avec 25 % de parts du marché québécois, le nouveau groupe s'impose d'emblée comme le plus important regroupement d'épiciers du Canada.
Les démarches légales complétées, les dirigeants de Groupe des Épiciers Unis Metro-Richelieu Inc. voient à la réorganisation de l'ensemble des structures de l'entreprise afin de mieux desservir ses membres. On procède d'abord à l'implantation d'un système de prise de commande par téléphone relié à l'informatique. Quelques mois plus tard, un centre de distribution et de découpage des viandes est inauguré à Québec. Puis, en 1983, tout le personnel de l'entreprise se mobilise pour le déménagement des installations vers Mérite 1 où l'une des premières garderies en milieu de travail voit le jour.
Les anciennes installations de l'entreprise reçoivent bientôt une nouvelle assignation. L'entrepôt de la rue Notre-Dame abrite Équipement Mérite ainsi qu'Éconogros, une nouvelle division chargée de développer les services institutionnels (approvisionnement des hôtels, restaurants, institutions et dépanneurs). En 1983, le groupe procède à la réorganisation de ses opérations et de ses locaux de la région de Québec, les clients des régions du Bas-Saint-Laurent et de la péninsule gaspésienne étant désormais desservis par un nouveau centre de distribution, sis à Mont-Joli. Au mois de janvier 1985, l'entreprise effectue une percée importante dans la région de l'Abitibi en signant un accord commercial avec Gestion Montemurro ltée. Ses 41 marchands affiliés acceptent alors de se rallier à l'une ou l'autre des bannières du groupe (Metro, Richelieu, Ami ou Gem).
En dépit de tous ces changements, l'entreprise et ses membres parviennent à maintenir les mêmes standards élevés de qualité. Ce goût d'excellence leur vaut d'ailleurs de nombreux prix. À l'occasion des Mercuriades 1984, Groupe des Épiciers Unis Metro-Richelieu Inc. remporte ainsi le Mercure de l'entreprise tertiaire de l'année. Et que dire de la performance des membres du groupe lors des Annuelles de l'alimentation de 1984, un événement parrainé par l'Association des détaillants en alimentation du Québec. Ces derniers raflent alors pas moins de 16 prix, dont les cinq « paniers d'or » récompensant les meilleurs épiciers dans les catégories dépanneur, petite, moyenne, grande et super surfaces ! Il s'agit là d'une première, aucune autre organisation n'étant parvenue auparavant à remporter simultanément ces cinq prix.
Pour contrer une concurrence toujours plus vive, l'entreprise effectue un repositionnement publicitaire afin de rejoindre de nouvelles clientèles cibles. En 1985, Marguerite Blais devient le nouveau porte-parole de Metro et popularise le slogan « Allô, allô, je fais mon Metro ». Guy Richer et Danielle Proulx sont pour leur part choisis pour représenter Marché Richelieu, la nouvelle marque de commerce de Richelieu. Par ailleurs, la direction accepte de s'associer avec la communauté artistique et participe à l'organisation du premier Gala MetroStar en 1986, qui s'imposera comme l'émission la plus populaire rendant hommage aux artistes du Québec. Un an plus tard, elle offre son concours à l'Orchestre symphonique de Montréal pour organiser une série de concerts à prix modiques, les fameux « Matins Symphoniques Metro » destinés particulièrement aux aînés.
En 1985, Groupe des Épiciers Unis Metro-Richelieu inc. décide de solidifier sa structure financière. Les membres acceptent à l'unanimité de convertir leurs avances en capital-actions. Un an plus tard, ils acquiescent à la proposition du conseil d'administration visant à inscrire l'entreprise, devenue entre-temps Metro-Richelieu inc., à la Bourse de Montréal. Lors d'un premier appel public à l'épargne, en novembre 1986, pas moins de 5 060 000 actions subalternes, catégorie A, trouvent rapidement preneurs à un prix de 6 $ par action (suite aux deux fractionnements, cela équivaut à 20 240 000 actions subalternes, catégorie A, à 1,50 $ par action). Cet apport de capital permet à Metro-Richelieu inc. d'entreprendre une diversification de ses activités et d'effectuer plusieurs acquisitions en 1986 et en 1987. Cette démarche amène notamment l'entreprise à s'engager dans le secteur de la distribution pharmaceutique, grâce à l'achat de McMahon Distributeur pharmaceutique inc. D'autres acquisitions se traduisent par une amélioration de la qualité de ses services. Avec l'achat de Pêcheries atlantiques du Québec inc., l'entreprise se dote ainsi d'installations lui permettant de mieux approvisionner ses clients en poissons frais et en fruits de mer. De plus, Metro-Richelieu inc. procède à l'achat de La Ferme Carnaval inc., une entreprise propriétaire de 14 magasins d'alimentation Super Carnaval. Avec cette acquisition, Metro-Richelieu inc. effectue une percée importante dans le segment des marchés alimentaires d'escompte.
À l'issue de cette décennie, l'entreprise connaît donc une croissance accélérée. Elle approvisionne quelque 900 épiceries, toutes bannières confondues, et son chiffre d'affaires est de 1,9 milliard de dollars.
Au cours de la décennie suivante, les habitudes des Québécois en matière de consommation évoluent très rapidement. La récession, l'évolution des taux d'intérêts et l'entrée en vigueur de la TPS en 1991 ont pour effet d'amener progressivement la population à réduire ses dépenses. Directement affecté par ce phénomène, le secteur de l'alimentation doit de plus surmonter des difficultés qui lui sont propres. La faible croissance démographique et le vieillissement de la population, l'étalement urbain, le cocooning, un rythme de vie laissant peu de temps à la préparation des repas constituent autant de tendances favorisant une segmentation de la clientèle. Dans un tel contexte, les établissements qui veulent s'assurer de la fidélité de leurs clients n'y arrivent qu'au prix d'efforts incessants.
Face à un marché de plus en plus complexe, la bonne réputation et le rayonnement de Metro-Richelieu inc. consti